Les vacances sont Sybelles

En vacances, c'est bien connu, on peut se permettre des choses que l'on ne fait pas en temps normal. Aussi, avant de prendre la route en direction des Alpes françaises, nous avons commencé par charger la voiture avec quelques provisions : une caisse de bières (20 x 0,5 Litre), 3 bouteilles de vin (3 x 0,75 Litre) et 3 bouteilles de Whisky (3 x 1 Litre). Je précise que nous étions nombreux et qu'une bouteille de Jack Daniels a quand même survécu !

Après l'indispensable, nous avons ajouté quelques trucs pouvant s'avérer utiles au sport d'hiver tels que deux snowboards et une grosse valise. La voiture était prête à rouler.

Un détail nous avait cependant échappé : notre trajet nous faisait traverser la Suisse... et niveau alcool, les douaniers Suisses allaient certainement trouver notre chargement très intéressant !

J'aime pas la Suisse !! Ils font payer une vignette annuelle alors que j'y mets les pieds une fois par an, leurs autoroutes sont limitées à 120 km/h et leurs routes à 80 (et estimez-vous déjà heureux d'atteindre ces vitesses). Il y a des embouteillages phénoménaux à chaque "grande" ville et si jamais il vous prend l'envie d'accélérer un peu pour quitter ce "pays" au plus vite, il y a des radars tous les kilomètres qui ne pardonnent pas...

Pour toutes ces bonnes raisons et pour d'autres encore que je ne citerai pas, je suis plutôt contente lorsque je quitte le territoire helvète. Mais ce jour-là, compte-tenu de ce que nous avions dans le coffre, j'ai laissé éclater ma joie et me suis arrêtée peu de temps après la frontière pour les narguer ! (Mais je n'ai pas poussé le vice jusqu'à enfiler une des bouteilles interdites).

Bon sinon, la Toussuire, ça déchire !! (Ca, c'était pour la rime). Par contre, le Corbier, qu'est-ce que c'est laid ! (Là, en revanche, je le pense sincèrement). La seule frustration de ce séjour fut de ne pas pouvoir emmener mon reflex sur les pistes pour photographier les montagnes enneigées à perte de vue. Quoi qu'en y réfléchissant bien et en regardant le bleu de ma fesse droite qui a dû avoisiner les 12 cm2, je n'ai pas trop de regrets...




Feldberg im Schwarzwald

Je poursuis la série "j'habite un chouette endroit et je le montre" avec le Feldberg, point culminant de la Forêt Noire (1493 m). Cela n'a l'air de rien comme ça, mais il paraît que les jours d'exceptionnel beau temps, on peut voir le Mont Blanc de là-haut - Haut-Savoyards, ne riez pas svp.

En été, le Feldberg est une mine de chemins pour randonneurs chevronnés où l'on sait quand on commence et qu'on ignore quand on sera de retour (si on est de retour...). Lors de ces "promenades", notre corps nous fait comprendre que monter et descendre un demi-millier de marches en moyenne par jour, ça ne fait pas forcément de nous une sportive.

Bizarrement, c'est aussi à ce moment-là qu'on se souvient de ce rendez-vous à prendre chez le médecin pour vérifier le taux de fer dans le sang.

Bref, moi, le Feldberg, je le préfère recouvert de neige avec des télésièges qui fonctionnent !!

Par contre, cela reste un petit domaine skiable (une cinquantaine de kilomètres de pistes) et surtout le plus proche pour les Allemands de l'ouest, les Français de l'est, les Belges, les Luxembourgeois et les Néerlandais. Autant vous dire que le 29 décembre, lorsque tout ce beau monde est en vacances, on n'est pas seul sur les pistes et le temps d'attente aux remontées mécaniques rivalise avec Europa Park.

Comme je ne suis pas rancunière (et que je suis une frappée du snow), j'y suis retournée... un mercredi 11 janvier. Et voilà ce que ça a donné :








Et dire qu'il y en a qui étaient en animation pédagogique pendant ce temps-là... Ou pire, qui faisaient l'ouverture des soldes !!!

Die Vignette

Train ou voiture ?
Par la Suisse ou par la France ?

Vous auriez fait quoi à ma place pour rejoindre la Savoie ?

Ces questions vous paraissent certainement insignifiantes mais si l'on considère le nombre d'imprévus qui me sont arrivés par le passé durant mes différents trajets, j'ai préféré étudier minutieusement toutes les possibilités et limiter les risques.

A la première question, je n'ai pas hésité longtemps : voyageant avec une grosse valise et surtout un snowboard, j'avais beaucoup de mal à concevoir les six changements de train qui m'attendaient.

J'ai donc décidé d'analyser les divers itinéraires proposés par Michelin.

Déjà, Michelin, il ne comprend pas bien pourquoi toi, femme, tu es sur son site Internet alors que tu n'as pas, par définition, "le sens de l'orientation" et que tu sais à peine lire une carte routière. Mais bon, Michelin est sympa et compréhensif, il veut bien te laisser une chance, alors il te propose trois choix.

Le premier, par la Suisse, indique 593 kilomètres pour une durée de 6h11. Le second, par la France, et le troisième, par l'Italie, sont plus longs en distance ET en temps.

Il est malin ce Michelin quand même et sait s'y prendre avec les dames : même lorsqu'il n'y a qu'une seule route vraisemblablement possible, il te donne l'impression de te laisser choisir. Ce site a été conçu par des mecs, il n'y a pas d'autre explication rationnelle !

Pour pousser l'ironie jusqu'au bout, le petit futé t'explique dans le moindre détail la route à suivre au moyen d'un langage extrêmement simplifié et te montre même les panneaux que tu vas croiser sur ton chemin. Et si avec tout ça, tu n'arrives pas à destination, il ne peut plus rien pour toi. Il ne te reste plus qu'à prendre le taxi.

J'ai donc imprimé le fameux itinéraire de six pages - en noir et blanc, la ouf' - et celui du retour aussi. Parce que bon, je ne verrai pas les mêmes panneaux !

Le problème de la Suisse, c'est que pour emprunter ses autoroutes, il faut s'acquitter d'un abonnement annuel.

Là encore, j'ai mené mon enquête et j'ai découvert que je pouvais acheter la vignette sur le site Internet de la Deutsche Post. Comme je n'étais pas certaine de la recevoir avant le jour du départ, je me suis directement rendue au guichet :

- "Bonjour, serait-il possible d'acheter la vignette pour les autoroutes en Suisse, s'il vous plaît ?

- Désolé, nous n'en avons pas.

- Ah bon ?! Mais pourtant, j'ai vu que je pouvais l'acheter sur votre site Internet...

- Oui, vous pouvez effectivement vous la procurer en ligne, mais pas au guichet."

J'aime la logique allemande !

Je me suis donc rendue chez ADAC - prononcez "adéatsé" et non "adak" pour ne pas passer pour une idiote - et ai demandé "la carte pour conduire sur les autoroutes en Suisse" ne sachant pas dire "vignette" en allemand :

- "Die Vignette ?" m'a-t-on répondu.

- "Heuuu, ben oui, c'est ça, die Vignette."

Comment être ridicule dans un pays étranger, leçon n°2.

Bref, samedi 19 février, me voici toute fière, sur la route des vacances, la feuille de route Michelin dans la boîte à gants et "die Vignette" collée au pare-brise.

A peine 50 kilomètres plus tard, j'arrive à la douane. Généralement, ils m'aiment bien les douaniers. Et évidemment, entre une Porsche suisse et une Audi allemande, ils ont préféré la Peugeot en plaques bleues :

- "Hallo. Vous allez où ?

- En France, dans les Alpes.

- Vous transportez quoi ?

- Une valise et un snowboard.

- Permis de conduire s'il vous plaît. Garez-vous ici."

Il est parti avec mon permis et j'ai réalisé à cet instant que j'avais oublié de mentionner mes compagnons de voyage Jack Daniel's et Philip Morris bien calés entre mes paires de chaussettes.

Il est revenu et m'a demandé d'ouvrir le coffre. Cela m'a rappelé cette fois sur une aire d'autoroute où ses homologues français avaient retourné toutes mes petites affaires devant un banc de touristes suspicieux et ravis de ne pas être à ma place.

Je ne sais pas si c'est la taille de ma valise qui l'a découragé mais il ne m'a pas dérangé davantage et j'ai repris la route avec mon limitateur de vitesse bloqué à 120 km/h.

Dieu que j'ai regretté les autoroutes allemandes à partir de ce moment là !

Michelin, en plus de tous ses autres avantages, avait même anticipé l'envie de pipi, dis donc : "Vous roulez depuis environ 2 heures, pensez à faire une pause."

Je me suis exécutée et me suis arrêtée à la première aire. Je pénètre dans le bâtiment et trouve : à droite, une supérette, face à moi, un escalier menant à un restaurant et à gauche, un sex shop. Quoi de plus normal ?! Ils pensent vraiment à tout et savent comment occuper leur temps libre ces Suisses ! Sauf que moi, j'étais venue pour une chose bien précise que je n'ai pas pu faire puisque les toilettes étaient naturellement payantes et que je n'avais pas un seul franc suisse en poche.

Je crois que je n'ai jamais été si pressée d'arriver en France...




Ne vous méprenez pas, ces photos reflètent nullement le temps, ni la qualité très relative de la neige que nous avons eue pendant le séjour. Heureusement que ce ne sont pas les seuls facteurs qui garantissent de bonnes vacances. Un autre ? Mon frère, râleur mais de bonne composition, qui filme une de mes descentes même s'il n'est pas en mesure de me suivre :) Sans rancune Titi...

Sport d'hiver au printemps

A l'heure où tout le monde ne rêve que de soleil et de vacances dans les pays chauds, moi, possédée que je suis, j'ai repris la route des Alpes, et en priant pour avoir un maximum de neige qui plus est !


Je suis donc partie, accompagnée de quatre victimes, pour Avoriaz... un dimanche ! Plutôt habituée aux départs matinaux voire nocturnes le samedi pour éviter en vain, les embouteillages de la mi-journée en région Rhône-Alpes, j'avoue avoir été un peu déboussolée par le calme et la tranquillité de ce trajet. Car, quand on voyage un dimanche, le temps qui n'est pas perdu aux péages, on peut par exemple le passer à faire des tours de ronds-points supplémentaires à Mâcon, à donner du pain aux canards sur l'aire de la Bresse ou à observer les cerfs-volants tout le long du trajet. Et c'est plutôt reposant...


Arrivés à destination (sans vomir dans les lacets), nous garons la voiture à l'entrée de la ville et prenons un traîneau jusqu'à notre résidence - enfin, JE prends le traîneau avec les bagages, les autres ont dû marcher... De toute évidence, présenté comme ça, l'endroit peut paraître tout à fait pittoresque et non dénué de charme. Il n'en est point. Avoriaz est tout, sauf une belle station ! Même la neige blanc immaculé, qui a pourtant l'avantage de vous transformer le plus hideux des paysages en panorama épuré, ne parvient pas à améliorer cette architecture si... spéciale. Bref, un beau gâchis :


- Notre douche, ou le voyage spatio-temporel dans les 1970s -

Ce qui ne gâche rien en revanche, ce sont les pistes. Et là, je reconnais qu'Avoriaz est le paradis du surfer, avec ses boardercross et ses snowparks - enfin, le snowboarder qui sait sauter... et retomber sur sa planche, sinon ça devient le paradis des producteurs d'arnica. Pour les touristes sans prétention qui laissent les bosses aux plus téméraires, il reste un domaine skiable plutôt correct qui vous ouvre les Portes du Soleil et vous permet d'améliorer grandement votre technique du "tout schuss" si vous ne voulez pas avoir à déchausser tous les cents mètres (ndlr : Sérieux, les mecs, faut revoir les couleurs de vos pistes !)

- Les Dents Blanches -


Du coup, afin de pimenter un peu ces vacances, on se lance quelques défis : pique-niquer bruyamment prêt des camionneurs endormis sur une aire de repos, draguer Nico-de-la-réception lorsqu'on revient d'une journée de glisse rouge, en sueur, avec le nez qui coule, ramasser le bâton de ski qu'un gamin vient de laisser tomber alors qu'on est bloqué dans le télésiège, draguer Nico-de-la-réception lorsqu'on revient d'une journée de glisse avec un trou bien situé et bien visible dans le pantalon de snow, utiliser son snowboard comme une luge pour descendre une piste, ou encore sauter à pieds joints dans une paire de Moon Boots. Et à ce petit jeu-là, Tiphaine est une championne :


Voilà, je suis revenue bronzée (mais pas trop), regonflée à bloc et prête à affronter mes futurs sixièmes pendant onze semaines consécutives avec une inspection en cadeau-bonus ^^'
Pfff, vivement juillet, tiens !

La montagne, ça nous gagne !

Aperçu de mes deux semaines en Savoie... avec des mots :

neige
surf
fondue
raclette
brouillard
surf
courbatures
bleus
arnica
soleil
surf
crème solaire
biafine
- 23°C
surf
forfaits
remontées mécaniques
poudreuse
surf
piscine
jacuzzi
vent
surf
hammam
sauna
avalanche
surf
saucisson
fromage
uno
hors-piste
surf
...

... et avec des photos :

- Lac du Mont Cenis + Alpes italiennes 2800 m -

- Il y a foule sur les pistes -

- Lever de soleil derrière la montagne -

- Ecole de Lanslevillard -

- Domaine skiable d'Orelle/Val Thorens 3200 m -

- Risque d'avalanche important -

- 3ème étage, balcon de droite :) -

Pas besoin d'en dire davantage.

Meilleurs voeux pour 2009


Qui a dit que les vacances étaient finies ? N'ayant pas été appelée par notre chère secrétaire de l'Inspection, je suis restée à mon école de rattachement, à tenir compagnie à mon directeur, préparer le café pour les collègues aux récrés, résister à la boîte de chocolats restée sur la table à me faire clin d'oeil sur clin d'oeil, regarder la neige tomber par la fenêtre, et accessoirement couvrir des livres toute la journée.

Bref, pendant tout ce temps, j'ai eu le loisir de repenser aux deux semaines de vacances qui viennent de s'écouler...


... L'avantage d'avoir une angine à Noël, c'est qu'on évite d'engloutir une trop grande quantité de nourriture - les médicaments nous suffisent largement. L'inconvénient en revanche, c'est quand on doit se rendre en Bavière, avec tout ce que le trajet implique. Mais bref, je me suis déjà attardée sur ce point.

Toujours est-il que le régime bavarois, des fois, ça a du bon. Mon angine ne m'a pas empêchée de suivre mon Christoph dans ses péripéties : parcourir une dizaine de kilomètres par - 4°C (lui en courant, moi à vélo), marcher quatre heures dans la neige en Autriche, assister à une compétition de saut à ski à Oberstdorf, faire du snowboard à droite à gauche, réveillonner jusqu'à 5 heures du mat', admirer les feux d'artifices à minuit sous une tempête de neige et passer souhaiter "eine gutes neues Jahr" à toute la petite famille S.

- Allgäu -

- Autriche -

- Oberstdorf -

Bon, ce que je ne vous dis pas, c'est que sur le vélo, j'ai cru que j'allais perdre mes extrémités à cause du froid, qu'à Oberstdorf, j'ai cru que j'allais mourir de peur car sous les tribunes on pouvait voir... le vide (!), que sur mon snow, je me suis tapée des méga bleus aux genoux, que pour tenir toute la nuit de la Saint-Sylvestre j'ai dormi toute la journée du 31 et j'ai fait des siestes toutes les heures sur le canapé de Bastian, qu'en regardant/évitant les feux d'artifices, il ne m'a pas fallu plus de deux minutes pour me transformer en bonhomme de neige, et surtout, que ce fameux 31 décembre 2008, j'ai dû retourner chez le toubib pour la troisième fois en treize jours !!!

- le vide -

- Je ne dois pas être la seule à avoir mal aux genoux -

Sauf que là, attention, il s'agissait d'un médecin allemand : die Arztin ! Et que, non seulement ça va très vite, mais en plus elle te file elle-même les antibiotiques - genre tu n'as même pas besoin de passer à la pharmacie - et en moins de deux tu es guérie :) On ne plaisante pas avec les amygdales là-bas.

Aujourd'hui, je vais beaucoup mieux - jusqu'au prochain microbe, à la prochaine infection - je suis rentrée en France et pour le plaisir de tous j'ai ramené la neige avec moi ;) Merci qui ?

1, 2, 3...