Det snöade


Comme vous l'avez certainement su [on ne parle que de ça en ce moment], il a neigé sur Trollhättan. Ce fut donc l'occasion pour nous de rajeunir d'une quinzaine d'années et pour moi, d'en profiter avant la pluie de Tours.

Au programme... la glisse. Et l'endroit le plus approprié pour ça dans notre quartier est une grande motte située dans l'enceinte du cimetière. Au coucher du soleil, nous avons donc glissé encore et encore entre les tombes*. Voilà le tableau : quatre étrangers de 24 à 30 ans qui se jettent dans la descente assis sur des sacs plastiques et qui, une fois en bas, ont de la neige jusque dans le pantalon.
Nous avons dû paraître totalement inoffensifs car deux petits suédois se sont joints à nous et nous ont conseillé de mettre de la neige dans nos sacs plastiques. Nous avons donc fait confiance aux autochtones et c'est vrai que c'est plus confortable et on descend beaucoup plus vite. Le seul problème, c'est que nos sacs n'ont pas tardé à craquer. Qu'à cela ne tienne, ces gentils suédois nous ont prêté leurs luges, jusqu'à ce que ça dégénère en bataille.
La nuit tombée [à 17h], tels des bonshommes de neige vivants, nous avons décidé de rentrer nous sécher et nous réchauffer avec la super tarte poires-chocolat de Caro.

[Un vrai petit ange :)]

Bien sûr, la neige a aussi ses inconvénients. Par exemple, le trajet appart'-école en bicyclette se fait beaucoup moins sereinement, voire à pieds à côté du vélo.
Mais ceci n'est rien à côté de ce que j'ai vu mardi dernier, premier jour de neige :
L'école où je suis actuellement en stage a la particularité d'accueillir des enfants d'origines étrangères [seulement 9 sont suédois sur l'école entière]. Parmi ces enfants, Sarah, arrivée en provenance du Burundi [pays d'Afrique pour les nuls en géo ^^] en août dernier. Sarah a 7 ans et elle voyait la neige pour la première fois de sa vie. Elle a alors fait comme tous les autres enfants de son âge un bonhomme de neige. Sauf que les autres portaient des combinaisons de ski, des chaussettes et des chaussures de ski, des gants et une écharpe de ski, bref la totale, et que Sarah était habillée comme à l'habitude.
Ses petits gants en laine trempés, elle est venue vers moi totalement paniquée. A cette douleur qu'elle n'avait encore jamais ressentie a succédé une crise d'angoisse. Sarah avait tout simplement peur de mourir de froid.
Ça calme...

[Mon Titan dans la neige]
[Sarah avant la crise]

* Concernant le cimetière, je préfère préciser avant de me faire insulter que nous n'avons nullement troublé le repos de ses habitants puisque les sépultures étaient bien loin de nous. Je rappelle également que les cimetières ici n'ont rien à voir avec les nôtres ; merci de relire mon article à ce sujet avant tout commentaire critique.

Record battu !


Cette semaine, je suis en stage à Kronogårdskolan, l'école de notre quartier, en classe de Preschool [la maternelle suédoise pour ceux qui n'auraient pas suivi].

Ma première matinée se déroulait normalement, début des cours à 8h20, récréation de 9h40 à 10h, jusque là rien de très perturbant pour moi, jusqu'à 10h20...

A 10h20, les élèves ont enfilé blousons et chaussures pour se diriger vers un autre bâtiment. Peut-être la bibliothèque, pensais-je. Non, nous sommes arrivés à la salle de cantine.
"Ah d'accord, c'est l'heure du petit encas de milieu de matinée, avec fruit ou brique de lait, tout ce qu'il y a de plus normal..."
Quelle ne fut pas ma stupeur d'apercevoir le self, avec dans les bacs dés de jambon, coquillettes et brocolis. Nous allions en réalité prendre notre déjeuner !!

Qui dit mieux ?

[Pour la petite explication, la salle de cantine n'est pas assez grande pour accueillir tous les élèves de l'école en même temps. Un roulement a donc été mis en place et ce sont les plus jeunes qui ouvrent les hostilités... à 10h20 !!]

[Sarah du Burundi - francophone qui plus est]
[Les 4 petits mecs de Preschool et leur prof Sofia - au self]

Vacances de la Toussaint

Cette semaine, j'ai eu la visite de courageux français qui n'ont été découragés ni par l'automne suédois, ni par les grèves d'Air France.

Petit résumé de la semaine en image...
Mes parents, mon frère, et ma tante Françoise ont trouvé une maison perdue dans la campagne suédoise. Pour le dépaysement, on ne pouvait pas trouver mieux. Les plafonds étaient très bas, sans doute pour garder la chaleur, chaque pièce avait son poêle, et aux bords des fenêtres, des plantes et des lampes, ce qui est très répandu dans le pays.





Mardi, nous avons fait un petit tour aux écluses de Trollhättan, la fierté de la ville.



Mercredi, examen écrit de suédois oblige, ma famille s'est rendue seule à Göteborg et le soir, nous nous sommes tous réunis autour d'un dîner français [Les Pabiot, Jonathan, Pascal, Marie, Caro, Ozan, Sakari et moi], histoire de montrer aux plus jeunes à quoi ressemble une maison typiquement suédoise, à l'intérieur. Pour ceux que ça intéresse et qui lisent le turc [certainement un grand nombre d'entre vous], Ozan a détaillé cette soirée dans son blog.

Jeudi, nous avons pris la route, direction la côte ouest. On oublie les plages de sable fin à perte de vue mais le paysage n'était pas moins beau pour autant. Et comme nous n'avions pas vraiment l'intention de piquer une tête dans la mer du Nord, ça nous était bien égal. Nous avons roulé d'îles en îles pour s'arrêter au village de Hälleviksstrand [à vous de bosser si vous voulez savoir où ça se situe précisément] et regarder le coucher de soleil. L'avantage, c'est qu'on a pas eu besoin d'attendre des heures pour le voir disparaître puisqu'à 16h30, il fait déjà nuit.

[Orust]
[Hälleviksstrand]
[Hälleviksstrand]
[Jonathan face à la mer]
[Marie face à la mer]



[Petite précision qui a son importance, les photos ci-dessus ne sont pas passées par la case "Photoshop"]

Vendredi, nous sommes allés à Vänersborg [petite ville au bord du lac Väner, le troisième plus grand lac d'Europe] et avons fini la journée à Overby köpcenter, histoire de faire le plein de spécialités suédoises [enfin, surtout des Kex !]

Mes invités sont repartis ce matin. Un gros merci à Jonathan, à ma famille et à la famille Louat pour la couverture polaire, les saucissons, les bouteilles de Sauterne, le thé, les macarons, les sablés, les tablettes de chocolat et les paquets de bonbons ; je revis ! :)

Merci également à mes collègues de l'IUFM pour les cours [ça me manquait ^^], et le mug signé [je buvais mon thé quotidien dans un verre Ikea depuis deux mois] :
Anne = il paraît que tu es à l'origine de ce cadeau aussi sympa qu'original ; ça me fait énormément plaisir. Bon courage à toi et bises à Elodie.
Aurélie = encore dans la même classe cette année ? On se quitte plus !
Fab = merci pour ta lettre et pour tout le reste. Par contre pour les suédoises, je vais réfléchir encore un peu !
Jona = merci et prends bien soin de ma petite Anne.
Julie = gros bisous la française rousse.
Marie = très heureuse de t'avoir revue. Je compte sur toi pour transmettre le tout à tout le monde.
Marie-Anne = tu serais bien déçue par les suédois mais je profite du reste...
Tiphaine = il va falloir que je profite de toi en décembre si tu pars en Angleterre en janvier !

A bientôt

Biblioteket

Chose promise, chose due, je vous montre aujourd'hui la bibliothèque de notre université.



[La réserve de livres amovible]

A l'image du bâtiment dans lequel elle se trouve, elle est moderne, esthétique, fonctionnelle... et pas vraiment finie non plus. A l'avenir, les deux campus de Trollhättan et de Vänersborg seront rassemblés à Trollhättan, et les livres de la bibliothèque de Vänersborg seront alors rangés dans les rayons encore bien vides de notre bibliothèque.


Généralement, je viens m'y installer pour travailler et histoire de dire que je suis venue ici pour quelque chose, je pose un ou deux bouquins sur ma table, toujours le(s) même(s) allez savoir pourquoi [fransk/svenskt lexikon].



Pour lire et/ou travailler tout en étant confortablement installé, la bibliothèque a mis des fauteuils à la disposition des étudiants. Je ne les ai pas encore testé moi-même car je prendrais un très gros risque [je vous laisse deviner lequel...], mais Caro, que l'on peut d'ailleurs voir en plein boulot sur la photo ci-dessous, m'a laissé entendre que ces sièges étaient vraiment géniaux... et ça n'a rien à voir avec leur couleur ! ^^ Ils permettent en effet de s'asseoir normalement, les jambes repliées ou en tailleur ; vous êtes bien dedans, quoi qu'il arrive. Et c'est bien ce que je craignais...


lexikonet = le dictionnaire
svenskt = suédois
fransk = français

Högskolan Väst

Aujourd'hui, je vous emmène à la fac [article spécial pour mon Titi, histoire de lui montrer à quoi ça ressemble, une fac ! ^^]. Nb : Certaines des photos ci-dessous ont été prises dès mon arrivée au mois d'août. Ne vous étonnez donc pas, ça fait bien longtemps que nous n'avons pas vu le ciel si bleu.




Högskolan Väst [= Université Ouest] est un établissement flambant neuf qui a ouvert ses portes en août, avant même d'être terminé [comme quoi, en Suède aussi il y a des retards de livraison].





Le problème avec ces facs ultra-modernes, c'est que l'aspect pratique prend une telle importance, que c'est presque trop ! Rien que pour franchir une porte par exemple, c'est déjà toute une histoire.
Certaines portes sont automatiques et s'ouvrent à votre approche [attention tout de même au sens de l'ouverture, sinon bonjour le coquard]. Pour d'autres, les portes que j'appelle semi-automatiques, il faut appuyer sur un bouton pour que la porte s'ouvre ; mais le bouton n'est pas toujours à coté de la porte [ce serait trop simple] ! Dans le pire des cas, vous ne voyez pas le bouton ou vous êtes tout simplement distrait, vous pensez qu'il s'agit d'une porte automatique et avancez fièrement jusqu'à vous écraser le nez contre la porte qui est restée fermée.
Mais je vous rassure, cette fac a aussi des portes normales : des portes qui s'ouvrent avec des codes, des portes qui s'ouvrent avec des cartes magnétiques, etc, etc... Et comme elles sont toutes pareilles [ou presque], c'est à chaque fois la loterie. Et je ne vous parle même pas des portes qui restent verrouillées [jamais les mêmes bien sûr] quoique vous fassiez... Allez comprendre !
Il n'y a peut-être que pour les toilettes que les portes n'ont rien : juste un loquet à fermer de l'intérieur, comme à la maison. Mais par contre, cet espace révèle également son lot de surprises puisqu'on y trouve des distributeurs de gobelets. Après tout pourquoi pas, après les portes de la fac, plus rien ne m'étonne !

Au niveau utile, on peut parler également des petites armoires à pharmacie de premiers secours que l'on trouve dans certains couloirs et quelques salles.
Et au niveau TRÈS utile, la fac a une cuisine. Oui, oui, une cuisine, avec évier, plan de travail, placards et réfrigérateur pour y laisser son pack-lunch pendant les cours de la matinée. Je ne comprends pas que les étudiants osent y déposer leur casse-croûte et je comprends encore moins que personne ne se fasse jamais piquer son déjeuner !
Le plus étonnant dans tout ça, c'est que la cuisine de notre fac n'a pas un, ni deux, ni trois... mais huit fours à micro-ondes ; on se croirait chez Darty.



Je terminerai juste par cette photo d'un clavier suédois [de notre salle informatique sponsorisée par Dell] : clavier qwerty certes, mais avec toutes les lettres de leur alphabet ! Merci également d'avoir inversé les " ¨ " avec le " ^ " Bref, c'est une réelle partie de plaisir !


Et demain, la bibliothèque [toujours pour toi Titi ^^]

Hur mår du ?

En ce dimanche gris et froid - je remercie au passage les gens bien intentionnés qui m'envoient des messages depuis leurs terrasses ensoleillées, à l'aise dans leurs t-shirts et leurs shorts, ça fait toujours plaisir ^^ - je vais évoquer notre soirée d'hier.
Nous nous sommes retrouvés, 3 iraniens [Ali, Aniyo et Aily], 1 finlandais [Sakari], 1 turc [Ozan] et 3 français [Pascal, Caro et moi] autour d'un dîner international composé d'un plat français [boeuf bourguignon de Pascal], d'un dessert finlandais [mustikkapiirakka de Sakari] et d'un turkish coffee préparé par Ozan. Bref, hier, c'était les hommes aux fourneaux et c'était plutôt délicieux.

Concernant le turkish coffee, Ozan et Aniyo [visiblement experte en la matière] m'ont expliquée qu'après avoir bu le café, on retourne sa tasse [vers soi - le détail a de l'importance] sur la soucoupe et on attend environ un quart d'heure que ça refroidisse. Et c'est à partir de ce moment que cela devient intéressant : Aniyo a pris ma tasse et m'a dit ce qu'elle voyait dedans. Là où moi je ne distinguais que des formes abstraites laissées par le café séché, elle y a découvert mon avenir...
Je ne dévoilerai rien à ce sujet, mais je crois qu'Aniyo a encore besoin d'exercice car elle a oublié de me parler de ma future richesse. Déception.



Nous avons fini la soirée avec une partie de Uno. Ce fut au tour de Pascal de rappeler les règles pour le moins compliquées de ce jeu ; promis, la prochaine fois je m'y colle ! Ce n'est déjà pas très simple d'expliquer le rôle de chacune des cartes, mais quand en plus, une compatriote vient ajouter "ah tu joues comme ça toi ? moi j'ai une autre règle..." Cela relève de l'impossible ! Mais Pascal, tout comme le boeuf bourguignon, s'en est très bien sorti !
Le Uno est très sympa, chacun y va de son petit commentaire dans sa langue maternelle à chaque fois qu'il doit piocher des cartes [le but du jeu étant de se débarrasser de toutes ses cartes] et généralement, le contexte aidant, on comprend très bien qu'il n'est pas nécessaire de retenir le mot en question !!
Mais le Uno a un gros défaut : il a une carte blanche qui, lorsqu'elle est posée, vous oblige à passer votre jeu [forcément très bon et avec très peu de cartes] à votre voisin et à récupérer le jeu de votre autre voisin [forcément très mauvais avec beaucoup trop de cartes]. Et pour l'avoir vécu plusieurs fois dans la soirée, je peux vous dire que ça énerve ! - Message personnel à mes compagnons de jeux : By the way, could you tidy up your game please, before giving it to me ?! Thanks" - Enfin, ça ne m'a pas empêchée de finir deuxième et de permettre à mon voisin Ozan de gagner la partie [Yes Ozan, admit it, you won thank to my cards].



Il est maintenant 20h30, il fait nuit noire depuis déjà deux heures et des feux d'artifices éclatent dans le ciel de Lantmannavägen pour le troisième soir consécutif. Je crois avoir encore beaucoup à apprendre des suédois...

PS : Un grand merci à ma colloc' pour cette jolie photo prise hier soir. Je voulais tellement un souvenir de cet arbre... ^^

Hjortmosse skolan

Hier, Pascal et moi avons enfin franchi la porte d'une école élémentaire suédoise. Nous y sommes restés la journée ; enfin, jusqu'à 14h, car une journée d'école en Suède s'achève à 13h50 ! [qui dit mieux ?]
Nous sommes rentrés dans les classes de Preschool, de première et deuxième années qui correspondent à notre grande section de maternelle, notre CP et notre CE1, à la seule différence qu'ils ont un an de retard sur nous [GS à 6 ans et ainsi de suite].

[Hjortmosse skolan - Anne-Marie & Britt]
[Classe de Preschool]

Pour vous parler des détails qui ne m'ont pas échappée, les petits écoliers suédois commencent leur journée par se déchausser !! [Et les profs aussi par la même occasion] C'est vrai qu'on est vachement mieux pieds nus, en chaussettes ou en ballerines pour travailler.

[Table d'Emelie - Emelie en chaussettes roses derrière]



Ma deuxième surprise de la journée a eu lieu lorsque j'ai ouvert le cahier d'écriture d'un élève : "Mais où sont passées les lignes d'écriture en cursive [attaché pour les non-initiés] ?!" Je lève alors mes yeux et je vois, accrochés au mur au dessus du tableau, les modèles des lettres de l'alphabet en majuscules, et en scriptes, mais pas de cursives.
Alors je fais appel aux professionnels de l'éducation qui lisent ce blog [Xavier, ce message est pour toi...], quel est l'intérêt de l'écriture cursive aujourd'hui ? Pascal et moi avons déjà eu un petit débat à ce sujet mais il est loin d'être clos...

[Découverte du son phonème/graphème "e"]



Pendant les récréations, j'ai eu droit à une visite guidée-non-soutitrée par Alice, qui m'a appris à dire des mots très utiles dans la vie d'une instit' tels que balançoire, terrain de foot et marelle.

[Kvarnspelet]

Notre/Leur/La pause déjeuner a eu lieu à 11h [et dire qu'habituellement, il y en a qui prennent leur petit déj' à cette heure-ci] pour reprendre à 11h30 [on oubli l'entrée, le fromage et le dessert - et je parle même pas de la pause-pipi, elle attendra].
Bref, l'avantage, c'est que je suis rentrée à 14h20, croyant qu'il était 18h, j'ai pris un deuxième déjeuner [un vrai cette fois !] et j'ai dormi trois heures, fatiguée par la pluie, le froid, le vélo... et les enfants qui braillent dans une langue incompréhensible [tous les mêmes ces enfants ^^]

[Le self - plat unique]
[Du pain - quand même !]

1, 2, 3...