Slackline

L'année dernière, j'avais été plutôt inspirée pour le cadeau d'anniversaire de mon homme en lui offrant une slackline.


Et là, j'entends déjà les "C'est quoi, une slackline" ? Tout d'abord, "slackline" signifie "ligne molle". Dis comme ça évidemment, ça n'a pas l'air très attrayant ; lisez plutôt la suite...

Il s'agit d'une sangle attachée d'un point à un autre sur laquelle il faut progresser, un peu à la manière d'un funambule. Selon Wikipédia, ce sport (je confirme, c'est un sport) est une excellente préparation pour l'escalade, le surf ou encore le snow.

Il existe quelques variantes de slackline comme la shortline (conseillée pour les débutants), la jumpline (pour les acrobates) ou encore la highline (pour les amateurs de sensations fortes - ou les fous). Tout dépend en fait, de la longueur et de la hauteur de votre line et de ce que vous faites dessus !

Petits joueurs que nous sommes, mon chéri et moi-même avons débuté avec la slackline fixée entre deux arbres, à trente centimètres du sol. Et finalement, nous avons peut-être bien fait quand on regarde mes débuts pitoyables :


Depuis, le temps a passé, la slackline est toujours fixée entre deux arbres (mais pas toujours les mêmes) à une hauteur raisonnable au dessus du sol (qui réserve parfois des surprises lorsqu'on y pose le pied - ce sont les risques du métier) mais Christoph et moi avons quand même fait quelques progrès. Il nous arrive même d'attirer des passants qui trouvent que "ça a l'air facile" en nous regardant, mais qui déchantent rapidement en essayant.

- Les petits pieds de Madeline -

Voici une preuve de mes ridicules progrès : cliquez ici. Je pense être en bonne voie pour réussir l'objectif que je me suis fixé, à savoir un salto le mois prochain ;)

En parlant de "mois prochain", Christoph aura 30 ans : des idées de cadeaux ?!

Frohe Ostern

LA question que je me suis posée ce week-end est : "Comment les allemands fêtent-ils Pâques ?"

Pour commencer, ils décorent leur maison et leur jardin, ils mangent et offrent (mais surtout mangent) des chocolats, certains vont à la messe, ils font un grand repas de famille avec des plats traditionnels et passent tout leur jour férié à digérer.

Finalement, vu comme ça, Pâques ressemble étrangement à Noël... Heureusement, le week-end pascal a lieu au printemps ! Alors qu'au 25 décembre, on regarde les jardins enneigés les pieds collés à notre cheminée, en avril, on peut profiter d...

(Dimanche 8 avril au matin)

... Finalement, je confirme, il n'y a pas grand chose qui distingue ces deux fêtes !!

Puisque la météo l'a décidé ainsi, je suis donc restée bien au chaud, à étudier mon nouvel appareil photo numérique reflex et manger des chocolats. J'entends par "étudier": finir de lire la notice d'utilisation de deux cents pages, tester, essayer, expérimenter, hasarder, chercher, tâter et tâtonner. Et aujourd'hui, je peux enfin le dire, j'ai fait mes premières photos en mode "manuel". (Par contre, je n'ai pas dit qu'elles étaient réussies).

D'abord, je me suis "entraînée". C'est à dire que j'ai photographié la cuisine de mes beaux-parents plus qu'aucune autre cuisine ne l'a jamais été (consécration suprême !) Et c'est toute confiante que je suis arrivée au repas de famille le lendemain midi, mon arme à la main.

Sauf que les modèles étaient beaucoup moins dociles que les bibelots de la veille et qu'ils ne me laissaient pas le temps de faire mes dix prises de moyenne. Et la plus réfractaire fut certainement Oma (*la mamie, ndlr). Elle a peut-être pensé que j'étais une sorte d'espionne et que j'essayais de découvrir son secret pour préparer des plats aussi délicieux ; mais on ne lui fait pas, à la grand-mère, et le résultat de la bataille fut une série de photos plus ratées les unes que les autres. (L'espionne n'a pas dit son dernier mot et aura sa revanche un prochain dimanche en famille...)

En désespoir de cause, je me suis rabattue sur ses bibelots à elle et sur d'autres modèles qui, pour me donner un coup d'pouce, ne bougeaient pas d'un cheveu, eux...




Une photo ou un doigt


Après avoir photographié tout l'intérieur de la maison de mes beaux-parents, je n'étais toujours pas rassasiée. J'ai donc décidé de sortir. Sauf que le week-end dernier, il faisait -15°C et que la balade fut beaucoup moins agréable que prévue...

Par cette température, je disposais d'environ deux minutes pour prendre une photo avant de perdre un doigt. Deux (toutes petites) minutes pour :
enlever mes moufles, 
ouvrir le sac, 
prendre l'appareil, 
enlever le bouchon, 
allumer, 
cadrer, 
régler, 
appuyer sur le déclencheur,
éteindre, 
remettre le bouchon, 
ranger l'appareil, 
refermer le sac et renfiler les moufles.

J'ai pris 31 photos !!

Certaines fois, parce que mes doigts n'avaient pas retrouvé une température normale depuis la précédente photo, ça échouait dès le départ : je n'arrivais pas à ouvrir la fermeture éclair. Puis l'appareil ne voulait plus sortir du sac (ce qui peut se comprendre). Je décidais alors de mettre la sangle, juste au cas où, mais elle ne passait pas entre mon bonnet, ma capuche et mon énorme tour de cou en tricot. Les doigts, complètement engourdis, n'arrivaient plus à retirer le bouchon de l'objectif et encore moins à régler quoi que ce soit. Enfin, dans un dernier élan, je rangeais mon appareil, en vrac.

Tout ça pour une qualité très relative de la photo en question et quelques doigts en moins...

Dans la douleur, j'ai quand même pris quelques clichés de la "Papier Fabrik", vieille usine de papier désaffectée qui aura disparu dans quelques semaines et du "Niedersonthofener See", lac complètement gelé à cette période de l'année.






Die digitale Spiegelreflexkamera

Il m'aura fallu des mois de tergiversations, des semaines d'économies, des jours de documentation, des heures de réflexion et des minutes d'hésitation pour qu'ENFIN, je devienne l'heureuse détentrice d'un appareil photo reflex numérique.


Si mon choix s'est porté sur un gros appareil très lourd et très cher, ce n'est pas pour crâner (mais un peu quand même), c'est simplement pour apprendre à m'en servir. C'est aussi bête que ça. Parce que les sites Internet spécialisés, aussi clairs et précis qu'ils puissent être, ne pallient pas un manque d'APN. C'est un peu comme si vous appreniez à jouer de la guitare en lisant des bouquins.


Avant de me rendre chez les commerçants, j'ai donc étudié de près tous les aspects techniques de cette "chose", histoire de ne pas être (trop) ridicule. Ce n'était déjà pas très simple comme ça, mais ça le fut encore moins chez les photographes allemands... Rien que l'objet en question se nomme "digitale Spiegelreflexkamera". Il fallait en vouloir, de l'appareil photo !!


Mercredi dernier, j'ai donc franchi le cap et vidé mon compte en banque. On n'a pas tous les jours 30 ans !! Je remercie au passage les gentilles personnes qui ont participé à cet achat (elles se reconnaîtront). Ca n'a pas que des mauvais côtés de changer de dizaine...


Voici donc quelques photos prises ce week-end, chez Herr und Frau S...














PS : Pour les petit(e)s curieux(ses) que cela intéresse, mon choix s'est porté sur un Nikon D5100 avec un objectif Tamron 18-270mm f/3.5-6.3 Di II VC PZD.

Das Schlauchboot


Attention !! L'article d'aujourd'hui va parler football et bière ; âmes sensibles s'abstenir...

Dans ma démarche pour connaître un peu mieux la culture allemande, il fallait bien en passer par là : un match de foot dans un vrai grand stade, avec de vrais joueurs et de vrais supporters et forcément, l'endroit s'est imposé de lui-même !


Cependant, je n'aurais peut-être pas dû laisser mon copain s'occuper de l'organisation. Moi qui m'imaginais une belle journée à Munich avec certes un match de foot au programme, mais assise sur un siège au soleil ça passerait, puis un petit resto en amoureux et une ballade romantique à l'Englischer Garten pour rattraper le niveau, et peut-être même que beau-papa et belle-maman pourraient nous prêter leur Audi TT, qui sait ?

Les choses ne se sont pas déroulées tout à fait de cette façon...

Au lieu du cabriolet, j'ai plutôt pris place dans un vieux bus de ville poussiéreux entourée de supporters bien réveillés. Et par supporters, j'entends des membres du fan-club du FC Bayern München avec maillot rouge sur le dos, écharpe rouge autour du coup et pour les plus accros, la veste en jean avec mille et un blasons cousus au fil des années : niveau goût, ils rejoignent ceux qui se font tatouer Johnny sur le bras.


Puis le bus a démarré... et la beuverie aussi. A 1€ la bière, ils auraient tort de se priver, remarquez... La vie est trop injuste. J'ai dû me concentrer et prier le Dieu-estomac pour ne pas rendre mon thé du matin alors qu'ils gardent TOUS leurs litres de bière bien au chaud.

Enfin, "bien au chaud" c'est vite dit puisque le bus a dû faire de nombreuses pauses-pipi. C'est surprenant...


Finalement, le bar-ambulant est arrivé à l'Allianz-Arena de Munich et nous nous sommes dirigés immédiatement vers... non, pas tribunes, le Paulaner Fantreff ! C'est un endroit où se retrouvent les fans du FC Bayern pour... boire, et discuter bruyamment de... foot ! Original.

Le match commencé, nous avons enfin pris la direction des tribunes. Comme je le pressentais, nos places étaient devenues inaccessibles et nous avons été obligés de rester debout au milieu des autres fans en liesse.

Contre toute attente, j'ai été scotchée par le match, pourtant trèèès mauvais et par l'ambiance qui règnait dans ce stade. J'ai eu l'impression de regarder un match de foot pour la première fois et ai éprouvé le même plaisir que lorsque j'avais assisté aux championnats du monde d'athlétisme au Stade de France, en 2003. Puis but d'Arjen Robben. 69 000 personnes heureuses, ça se sent passer...


Fin du match. Nous avons retrouvé le reste de la bande au fameux point de rencontre des fans. Ils ont regardé la deuxième mi-temps sur un écran. J'ai demandé que l'on m'explique alors l'intérêt de venir ici !? Pas de réponse cohérente, sans doute trop saouls pour ça.

Naïvement, je m'étais imaginée que mes compagnons dormiraient sur le chemin du retour, fatigués par toutes ces émotions. Non, le fan de foot n'en a jamais assez et ce trajet me parut plus long encore que l'aller. Je n'ai pas compté combien de bières j'ai décliné, ni combien de fois j'ai dû faire répéter lorsqu'on me parlait/bafouillait quelque chose, mais ce que je sais par contre, c'est que nous étions 3 à tenir encore debout à l'arrivée ; peut-être 4 avec le chauffeur ?!

Vive le sport comme dit l'autre !!

En rouge ou noir

Hier soir, j'ai franchi un nouveau cap dans ma relation avec Christoph :

Je l'ai accompagné dans un pub pour regarder un match de football.

Pourtant, je ne suis pas de ces femmes qui apprécient le foot ; le rugby, le tennis de table, le lancer de poids ou le curling oui, mais le foot, j'ignore pourquoi, c'est une autre histoire. A croire que j'aime relever les challenges - parce que oui, accompagner des amateurs de foot bavarois dans un pub pour encourager l'équipe du Bayern München en quart de finale de l'UEFA Champions League, c'est un défi à relever.

Pour commencer, on me propose de porter le fameux maillot rouge, certainement au cas où j'oublierais en cours de route quelle équipe je suis venue supporter. Ensuite, avant de quitter la maison, on me demande si j'ai l'intention de boire ce soir... parce que celui/celle qui ne boit pas, c'est celui/celle qui conduit bien sur :)

Nous arrivons au pub où nous attendent nos places réservées - pas de prise de risque lorsqu'il s'agit d'un match de foot - et d'autres amis qui n'ont manifestement pas de chauffeur pour la soirée, eux, compte-tenu du nombre de verres déjà vides. A 20h15, les commentateurs sportifs prennent l'antenne ; oui, oui, une demi-heure avant le coup d'envoi. Pendant ces trentes minutes, sont diffusées des vidéos : Ribéry après le match aller, Ribéry à l'entrainement, Ribéry à l'aéroport. Je prends alors conscience du role du joueur francais dans cette équipe et commence à prier pour qu'il ne soit pas ridicule ce soir. Déjà que "Fußball" ne rime pas vraiment avec "Frankreich" en Allemagne, ce serait sympa que Franky ne me fasse pas sentir plus seule que je ne le suis déjà.

20h45, début du match. 20h48, premier but. Sauf qu'avec mon t-shirt rouge flamboyant, j'avais juste zappé un détail : l'équipe du Bayern, à l'extérieur, elle joue en noir. Et les jolis maillots rouges que je voyais à l'écran en train de sauter de joie et que je m'appretais à applaudir et à acclamer comme une vraie bavaroise d'adoption, étaient des joueurs de Manchester United. HEUREUSEMENT que ces derniers temps, mes réflexes sont un peu limités car c'est ce qui m'a sauvée hier soir.

A partir de ce moment-là et jusqu'au but suivant, je me suis répétée sans cesse "Le Bayern joue en noir. Le Bayern joue en noir. Bayern noir. Noir Bayern. Noir. Noir. Noir..." Si bien qu'à la septième minute de jeu, lorsque Manchester a de nouveau marqué, je n'ai meme pas eu un soupcon d'hésitation, j'ai tiré la tronche direct, tout comme mes voisins.

Par contre, autant je commencais à prendre de l'assurance au niveau des couleurs des maillots, autant je me faisais toute petite en observant le jeu du frenchie. Et les choses ne se sont pas arrangées avec le troisième but de Manchester. Le stress était à son comble, les bières s'accumulaient sur la table et de doux noms d'oiseaux que j'aurais préféré ne pas comprendre arrivaient de plus en plus à mes oreilles.

Lorsqu'enfin, un joueur en noir a eu la bonne idée d'en planter un dans les cages anglaises, j'ai pris mon jus de fruits - ce n'était pas de la bière, mais pas franchement envie qu'il termine sur mon pantalon pour autant - et j'ai attendu que la tempete se calme.

Score final 3-2 pour Manchester mais une qualification pour le Bayern qui affrontera en demi-finale... Lyon !! Et ce soir-là, je sais d'ores et déjà que je serai célibataire, sauf si Lyon perd. Vive le foot :)

Sinon, pour celles ou ceux qui se poseraient la question, la soirée fut tout à fait supportable voire plutot agréable mais présentée comme ca, elle aurait eu beaucoup moins d'intérets. Il me vient d'ailleurs "dix bonnes raisons de regarder un Lyon/Bayern" que je vous communiquerai en temps voulu ;)

Besoin de vacances


J'ignore pourquoi, mais mes trajets pour aller ou revenir d'Allemagne se passent rarement sans imprévus : une fois par exemple, j'ai raté le premier train et par conséquent toutes les correspondances qui suivaient. Une autre fois, je me suis endormie dans le train et ai bien failli me réveiller trop tard. Il y a quelques mois, j'ai flippé tout le trajet en me demandant l'heure qu'il était et en réfléchissant à toutes les conséquences possibles s'il n'était pas l'heure que je croyais qu'il était. La dernière fois, je suis revenue d'Allemagne en passant par quatre pays et en prenant le bateau - avouez que c'est quand meme peu banal - et je ne parle pas de cette fameuse expédition il y a deux ans, lorsque j'étais arrivée à Kempten en Suisse et non Kempten en Allemagne...

Je crois qu'aujourd'hui, je peux écrire un nouveau chapitre de mon odyssée franco-allemande...

Le programme était simple : quitter l'école à 16h30, se rendre à Tours en voiture pour prendre le TGV de 18h29 jusqu'à Paris, rejoindre la gare routière internationale en métro, prendre le car à 22h pour une arrivée prévue à Ulm à 8h30 puis monter dans le train de 8h59 qui m'emmènerait enfin jusqu'à Kempten pour 10h.

Pas d'inquiétude en vue, depuis le temps, je commence à etre rodée. Sauf qu'en cette fin de deuxième trimestre, entre les voeux pour le mouvement, les évaluations, les livrets scolaires, la future - ou pas - inspection et tout le reste, mon cerveau est en surchage cognitive et je l'ai réalisé à mes dépens...

Ca a commencé à l'école, en rangeant mes affaires, je trouve mon iPod dans mon sac... sans casque, ni écouteurs - beaucoup moins pratique pour écouter de la musique ! Qu'à cela ne tienne, je rencontre mon frère à Tours qui me dépanne de son Sennheiser (finalement, j'ai gagné au change :P) et à qui j'oublie de confier mes clés de voiture.

A la gare de Tours, au moment du fatidique compostage, je sors tous mes billets : SNCF, Deutsche Bahn... mais pas de billet Eurolines ! Pas de panique, ma Parisienne préférée est encore au bureau, elle me l'imprime et me l'apporte en chair et en os à Gallieni.

Le car Eurolines est plein à craquer dès le départ, ce qui contraint le chauffeur à mettre la clim', ce qui signifie que je vais avoir froid... Tiens d'ailleurs, où est mon écharpe ? Restée dans le TGV. Ca continue...

A Strasbourg, en pleine nuit, d'autres personnes montent dans le car, sauf qu'aucun des voyageurs déjà présents n'a prévu de descendre. Je me suis rendormie avant que le chauffeur, visiblement paumé, trouve une solution.

Vers 5h30, nous nous arretons dans un endroit franchement glauque et loin de toute vie humaine. Apres avoir imaginé le pire comme "Il va nous faire changer de car", notre chauffeur, qui a perdu la raison cela ne fait plus aucun doute, commence à nettoyer son car. Les gros rouleaux, le lave-glace pour le pare-brise gigantesque, tout y passe. Je me suis meme demandée s'il n'allait pas nous faire le coup de l'aspirateur à l'intérieur.

A Stuttgart, le GPS et la carte routière ne lui ont pas suffit pour nous conduire à la gare centrale. Monsieur-Je-Les-Accumule a largué les voyageurs au milieu de nulle-part. Il était 8h et je ne dormais plus. Je pensais à mon train qui partait une heure plus tard et que je n'aurais jamais.

Sur ce point au moins, j'avais l'esprit clairvoyant. J'ai raté mon train à 4 minutes pret et suis arrivée à Kempten une heure plus tard que prévu, mais finalement, je crois que je ne m'en sors pas si mal.

Que va-t-il se passer au prochain épisode ? Les paris sont ouverts...



PS : Merci encore Marie-Anne.


Karneval


En février, le carnaval bat son plein en Allemagne. Et même s'il y fait 25 degrés de moins qu'à Rio et 50 centimètres de neige de plus qu'à Venise, nos voisins Germains savent user de subterfuges pour réchauffer l'atmosphère et mettre de l'ambiance.

N'ayant pas grandi dans une région très "carnavalesque", je ne suis pas particulièrement adepte de cette fête et n'éprouve pas le besoin ni l'envie d'y participer. Sauf que cette année se déroulait la Sulzberger Faschingsmusikfest - traduction : fête musicale et costumée du village d'à côté - qui n'a lieu qu'une fois tous les dix ans.

Sachez que je ne recule devant rien lorsqu'il s'agit de découvrir la culture de Christoph. D'ailleurs, lui seul pouvait me convaincre de porter un pantacourt en velours kaki taille XXL, une paire de bretelles usagée, une chemise à carreaux, un chapeau peu conventionnel et un accessoire unique qui m'a bien "démangée".



Comme tout le monde n'a pas la chance d'avoir cinq couches de vêtements et une paire de grosses chaussettes en laine pour ne pas devenir congelé pendant le défilé, chaque char propose son petit "cocktail" en plus des fioles de schnaps lancées au public. Ils pensent vraiment à tout ces allemands !



N'empêche qu'avec mon déguisement ultra sexy et mon partenaire non moins ridicule, nous avons réussi à rentrer en auto-stop. Comme quoi un brin de folie peut parfois rendre bien des services...

Aller simple

Vendredi, 16h30 pétantes, je lache mes élèves surexcités, esquive leurs parents qui choisissent systématiquement le jour des vacances pour parler de leur progéniture et fonce vers Tours avec mon bolide à quatre roues, lequel je confie à mon frère avant de sauter dans le TGV pour Paris.

Mes vacances commencent enfin. Je peux me détendre et penser aux deux semaines de reve qui m'attendent... Enfin, le répit est de courte durée car je réalise ensuite que mon iPod 160 GB avec autant de musiques, vidéos et photos a décidé de faire "reset" en parfaite autonomie et incognito. S'installent alors des secondes d'intense solitude auxquelles se melent interrogations et hypothèses les plus improbables ; Qu'a-t-il bien pu lui passer par le disque dur ? Comment vais-je survivre toute une nuit de voyage sans une note de musique ? Quelle était la proportion de fichiers téléchargés...? Mais la question qui me taraude à ce moment précis concerne davantage la cinquantaine d'ados survoltés montés à Saint-Pierre-des-Corps, qu'il va falloir supporter, j'ignore comment, pendant une heure et sans échappatoire possible.

Bref, j'arrive dans la capitale, je parcours quelques 5 000 pas dans les couloirs du métro - note pour plus tard : plus jamais de sac de voyage sans roulettes - et retrouve ma copine Marie-Anne à Gallieni pour une heure de bavardages intensifs. Evidemment, inutile de préciser que j'ai failli rater le départ du bus.

22 heures, trop de bonheur, le bus quitte la gare routière internationale et je n'ai personne à mes cotés. Je prends mes aises et commence à roupiller sur MES deux places... jusqu'à Strasbourg, où un sympathique garcon a du trouver que je dormais un peu trop bien et a voulu vérifier lui-meme le confort d'un de mes sièges ; à croire que le destin a décidé de m'envoyer des beaux gosses qu'à des heures où l'expression "ne pas etre à son avantage" me caractérise plutot bien. Ajouté à ca mes ronflements et mon oreiller imprimé de "tetes de mort" - merci Christoph - il a préféré fuire dès l'arret suivant :P


A mon arrivée tot dans la matinée, m'attendaient les paysages enneigés, mon comité d'accueil, des "Bienvenue" en francais, un super petit déjeuner, des cadeaux d'anniversaire... et surtout trois heures de sieste. Parce que Eurolines c'est pratique, Eurolines c'est pas cher, mais Eurolines ca fatigue meme les plus hypersomniaques.

Augsburg


Cette fois, le séjour en Allemagne a été plus culturel que sportif - ce à quoi mon esprit dit "merci" mais pas le pèse-personne qui affiche +2 kgs.

Christoph et moi sommes donc allés passer une journée à Augsburg, la troisième ville de la Bavière après München et Nürnberg.




Après la visite du musée Leopold Mozart, nous avons découvert un lieu un peu particulier : la Fuggerei. Il s'agit de la plus ancienne cité sociale du monde. Depuis 1521, ce "quartier" accueille en effet des citoyens nécessiteux d'Augsburg et leur offre un logement. La valeur du loyer mensuel n'a pas changé et correspond aujourd'hui à 0,88 € (charges non-comprises). Les 150 habitants doivent en contrepartie, effectuer trois prières quotidiennes pour le fondateur Jacob Fugger et sa famille.

Quand on voit le cadre agréable de la cité, les hébergements modestes mais confortables et qu'on sait que l'arrière-grand-père de Wolfgang A. Mozart a vécu ici, on se dit que c'est plutôt une bonne chose d'avoir conservé ce "coup d'pouce" et qu'on est bien loin de nos logements sociaux de banlieues français.


- Aimons nos voisins :) -

- Attention, chat méchant -

A Kempten, nous avons assisté à un concert de l'orchestre symphonique de Munich qui jouait la 1ère et la 9ème symphonie de Beethoven. Pour les mauvaises langues, je précise que c'est Christoph qui m'a proposé et qu'avec deux cafés avant de partir, il a très bien tenu le coup ! Ce qu'il ne faut pas faire pour plaire à Belle-Maman ^^

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