Nightmare before Christmas


Chaque année, je ne commence à faire mes achats de Noël que lorsque je suis en vacances. Il faut dire que pour les enseignants, l'Avent rime souvent avec évaluations, corrections, livrets scolaires et rendez-vous de parents. Pas le temps donc de faire le lutin.

Pour le cru 2010, j'ai fait plus fort : j'ai attendu mes congés pour commencer seulement à y réfléchir ! J'ai réalisé le 18 décembre, que je n'avais ni cadeaux, ni même un soupçon d'idée à glisser sous le sapin une semaine plus tard.

Pas de panique, ai-je pensé, je pars à Paris pour quelques jours, j'aurai donc le loisir d'y trouver tout ce qu'il me/leur faut...


Mouais. C'était sans compter sur tous ces abrutis qui pensent et agissent comme moi. Du monde partout, à vous décourager le plus motivé des pères Noël. Et comme moi, je ne l'étais pas plus que ça, j'ai cédé volontiers ma place dans les files d'attente des Fnac et autres bazars parisiens. Même pour jeter un oeil aux vitrines animées des grands magasins, des coups de pieds n'auraient pas suffit à écarter la foule agglutinée.


J'ai donc décidé de fuir tous ces touristes, de reporter mes emplettes au 24 dans notre bonne vieille ville de Bourges, certes plus modeste mais aussi moins stressante, et de profiter d'autres avantages qu'offre la capitale en allant voir une expo.

Mondrian/De Stijl par exemple, au Centre Georges Pompidou, ça vous remet à votre place. Par contre, si vous commencez à déambuler en suivant des trajectoires perpendiculaires et que vous vous réjouissez de porter un pull jaune, une écharpe bleue, un sac rouge et des bottes noires, un conseil, quittez la galerie.


Vous pouvez ensuite rendre visite à Arman, pour une toute autre atmosphère (litote !). Lui aussi vous calme bien comme il faut. En revanche, si vous commencez à vouloir réduire votre téléphone portable en un maximum de pièces puis les enduire de résine, sortez immédiatement, ça pourrait mal tourner.


Bref, ces deux jours ont été riches en (re)découvertes - merci l'émeu et Marie Curie - et en bons moments avec Tiphaine et Marie-Anne. Merci les filles et joyeux Noël à vous...

Es schneit

Récemment, j’ai été réveillée à 6h38 par un bruit jusqu’alors inconnu venant de l’extérieur. Le choix entre mon envie de savoir et mon envie de dormir a été difficile mais ce matin-là, ma curiosité l’a emporté.

J’ai alors regardé par une première fenêtre donnant sur la route et la caserne militaire… « Tiens, c’est tout blanc dehors. » Mais pas d’indice concernant le bruit persistant. J’ai jeté un œil par la fenêtre de la cuisine donnant sur le parking et mon cerveau s’est enfin mis en mode « on »

En bas de chez moi, une dizaine d’hommes était simplement en train de déneiger et le bruit entendu était celui des pelles qui frottaient le sol pour retirer la couche blanche et permettre aux voitures de circuler.

Depuis, je me suis renseignée et j’ai appris que par temps de neige, chacun doit se lever très tôt et descendre déneiger le parking avant que ces messieurs les militaires ne partent au travail.

Rappel des faits : mon logement de fonction (parce que j’ai un logement de fonction :P) se trouve dans une cité française avec élèves et parents d’élèves comme voisins, avec toboggans et balançoires pour mes temps libres et avec parking à déneiger 6 mois par an donc.

Sauf que moi, me lever avant 7 heures pour aller dégager de grosses pelletées de neige, ça me le dit moyen ; franchement moyen même. La pelle toute seule est déjà insoulevable, alors avec vingt centimètres de poudreuse, j’imagine bien. Et puis franchement, mes chers voisins ont-ils vraiment envie que je sois d’humeur exécrable pour retrouver leurs petits rejetons juste après ? Non, vraiment, ça vaut mieux pour tout le monde (et surtout pour moi) que je ne m’en mêle pas.

Mais comme je ne suis pas totalement insupportable, j’ai décidé de faire cette corvée le soir, en rentrant de l’école. De toute façon, il neige tout le temps, alors qu’on déneige le matin ou le soir, ça revient au même. (Sauf que le soir, c’est mieux.)

Généralement, je commence par ma voiture. Ça me prend bien dix minutes pour tout enlever à coups de balayette et de grattoir. Quand c’est terminé, je me rends compte que la carrosserie est sale à faire peur et que la neige, c’est moi qui l’ai sur mes vêtements.

Ensuite, j’emprunte une pelle dans le stock de la cave et me mets au travail pour l’allée et le virage du parking. Déneiger, c’est nouveau, donc ça me plaît. Mais sur ce coup, j’ai été un peu optimiste et je m’aperçois que j’ai visé beaucoup trop grand. Et s’arrêter en plein milieu, ça se verrait. Qu’à cela ne tienne, je n’ai pas pu me rendre à ma séance de roller hebdomadaire à cause de la neige, mais il n’est pas dit que je ne ferai pas de sport… grâce à la neige !

Je suis seule sur cet immense parking comme seule face à l’adversité. Je me fais penser à ce petit bonhomme dans une publicité de notre enfance qui construit un château de sable que la mer finit toujours par emporter et qui s’écrit « Demain, j’recommencerai » Sauf que dans ma situation, ce serait davantage « Dans une demi-heure, je pourrai recommencer ! »

« Ne pas se retourner, surtout ne pas se retourner… » Et bien voilà, ce que j’ai enlevé est déjà recouvert d’une pellicule blanche. La neige n’en finit pas de tomber et de me narguer.

Ah ? Quelqu’un sort. C’est une maman avec ses deux petites filles, donc une grosse pelle et deux pelles miniatures. C’est toujours mieux que rien.

Je reste concentrée sur ma partie et me ragaillardie. Je fais traîner ma pelle, je prends un peu de vitesse et BAM ! La pelle est bloquée par la glace cachée dessous, vicieuse, et je me reçois le manche en bois dans l’abdomen.

« Ne rien laisser paraître, surtout, ne pas pleurer et continuer… »

Puis, en entendant les paroles de la maman, la douleur laisse place à la peur : « Non Emma, pas avec la pelle sur la voiture. »

« ?! »

C’est bon, le petit chamallow avec sa pelle tueuse est loin de ma voiture. Il continue à aider sa mère, à sa manière. Le deuxième chamallow aide aussi… en chouinant.

Puis Emma a eu une très mauvaise idée : elle a voulu m’aider, moi. S’il vous arrive de côtoyer de près ou de loin des enfants, vous comprendrez le profond désarroi que j’ai ressenti à ce moment-là. Emma faisait traîner sa pelle mais en mettait davantage à côté que dedans, la petite sœur Noélie marchait sur nos plates-bandes en agitant sa pelle dans les airs (ce qui, comme chacun sait, est toujours très efficace) et la neige continuait de tomber et de recouvrir le travail déjà fait.

Les enfants, contrairement à nous autres vieux, sont infatigables. Non seulement ils s’agitent dans tous les sens, mais en plus, ils sont capables de vous taper la discut’ – les plus forts arrivent même à chanter ! Ce fut le cas avec mes demoiselles de compagnie, jusqu’à ce que Noélie, 2 ans, m’appelle « Papa ! »

« Heuuu non chouquette, je ne suis pas ton papa. Et à mon avis, si maman est seule en train de déneiger ce soir, c’est que ton papa, il travaille dans un pays chaud en ce moment. Certainement en guerre, mais chaud quand même. (Et si tu continues à sous-entendre que je ne ressemble à rien avec la glace dans mes cheveux et le survêt’ rentré dans mes après-skis, je vais finir par t’avouer que le Père Noël n’existe pas !) »

Après ça, j’ai eu la paix ! Et puis la maman a appelé ses filles parce que c’était soi-disant l’heure du bain. Comme quoi, les enfants peuvent servir de bonnes excuses pour arrêter de déneiger et rentrer à la maison.

Moi, je n’ai pas d’enfant, donc pas d’excuses (parce que les corrections et les preps, ça ne compte pas) donc je termine ce que j’ai commencé.

C’est la remarque d’un voisin qui a fini de m’achever en me disant que « ce n’est pas utile, vu ce qu'il tombe…
- …
- Je me lève tôt demain matin, je le ferai à ce moment-là.
- … »

J’ai reniflé, rangé la pelle, pensé que demain je lui ferai un petit signe de ma fenêtre avec mon thé et mon bretzel, monté mes quatre étages je ne sais pas très bien comment, enlevé mes vêtements et la glace de mes cheveux et bu un grand coca bien frais. Parce que déNEIGEr, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ça donne chaud !

Insomnie

5 heures 12

Ceux qui me connaissent le savent, ce n’est un secret pour personne : j’aime dormir.

J’aime dormir, j’adore mon lit, je chérie ma couette, etc... - la liste peut être longue - et tous me le rendent bien.

Par contre, j’ai déjà bannis depuis bien longtemps tout objet qui ressemble de près ou de loin à un réveil. D’ailleurs, ce n’est pas compliqué, je n’en ai pas. Malheureusement, comme il faut travailler pour vivre et se lever pour travailler, il a bien fallu trouver un moyen de me réveiller les matins.

Je voulais proposer à ma maman de l’embaucher mais je la connais, elle se serait ennuyée le reste de la journée. Quand à l’unique autre personne qui SAIT comment me réveiller (oui, il y a un savoir-faire pour ça), Christoph, il fait trop bien son travail et finit par se rendormir à mes côtés.

A ce niveau-là, nous sommes hors-catégorie. S’il y avait des jeux olympiques du sommeil par équipe, nous serions indubitablement couverts d’or, quelque soit la discipline. Il faut dire que l’on s’entraîne beaucoup et que nous prenons cela très au sérieux.

Mis à part les nuits interminables et les siestes à répétitions que nous faisons, il faut noter les endroits inattendus où nous avons déjà dormi : en voiture, en car, en train, en avion à nos débuts, lorsque nous n’étions encore que débutants (avec toutefois un risque, celui de rater certaines correspondances), puis en classe professionnelle : au boulot, dans une gare, devant la gare aussi, dans un aéroport, sur un banc public, sur la plage, sur une piste de ski, sous la pluie, dans la cuisine, à un repas de famille, à un concert… et j’en oublie sûrement.

Tout ça pour dire que, du coup, quand je ne dors pas, ce n’est pas normal et ça m’angoisse. POURQUOI JE NE DORS PAS ?! Et puis qu’est ce qui tape tout le temps comme ça dans cet appartement ? Je suis fatiguée, je devrais dormir… Allez, dors.

Je n’arrive pas à dormir parce que je n’ai pas fait mon lit hier. Maman dit toujours qu’on dort mieux dans un lit bien fait. C’est sûr que la couette en boule dans un coin de la housse n’aide pas vraiment…

DORS !

C’est quoi la bête que je sens sur mon bras ? Un moustique ? Une araignée ? Ah non, ce sont mes cheveux…

DOOOOORS !!!!!

Ça doit être à cause du chauffage, le tapage. Tiens, ça rime en plus. Mais p***** je vais dormir à la fin ?! Moi qui voulais me lever tôt demain… Quelle heure est-il d’ailleurs ?

Au cours d’une nuit normale, si vous regardez l’heure et qu’elle affiche 2 : 04 vous êtes super content, du genre « Cool, j’ai encore beaucoup de temps à dormir avant que le réveil ne sonne » Happy face :)

Sauf que les nuits d’insomnie, c’est plutôt : « Quand est-ce qu’il sonne ce satané réveil ? (Mais ce n’est pas le mot satané que vous employez) 2 heures 04 ?! Il se moque de moi ou quoi ? (Mais ce n’est pas non plus cette formule que vous utilisez) »

Alors vous attendez…


Attendez…


Et attendez encore…


Parfois, vous vous tournez en pensant que dans cette nouvelle position, ça va tout changer et que vous allez vous endormir bien vite. MAIS NON !

Vous prendriez bien un livre, mais vous avez peur que la lumière ne vous réveille plus -> C'est effectivement n’importe quoi ! Pour la même raison, vous n’allumez pas lorsque vous allez aux toilettes ou boire un verre d’eau à la cuisine. C’est vrai que se fracasser le petit orteil contre le pied du lit parce que vous le croyiez plus loin, ça ne réveille pas non plus.

6 heures 05

Ça prend du temps de taper un article sans voir le clavier… Oui, mais la lumière, j’ai déjà dit que ça faisait mal aux yeux.

Maintenant que je pense avoir fait le tour de la question, je vais faire une nouvelle tentative (OUI, ça vaut le coup, même pour trois quarts d’heure de sommeil ; même pour dix minutes, cela en vaudrait toujours la peine, à vrai dire !) Vivement ce soir que je me couche…


PS : Je sais ce que vous êtes en train de vous dire : « Moi, quand j’ai une insomnie, je pense au boulot. » Réponse : Moi aussi, mais là, ce sont les vacances ; alors je fais reset. »

Détachement

"- Connaissez-vous le seul moyen de faire rire le bon Dieu ?
Hésitation au bout du fil.
- Racontez-lui vos projets.
En d'autres termes, pas d'affolement, rien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé."

Chagrin d'école
Daniel Pennac

Fin juin, j'étais en partance pour la Haute-Savoie, j'avais d'ailleurs fait immatriculer mon nouveau véhicule dans le 74 histoire de montrer que j'avais déjà un pied sur la montagne.

Le destin en a décidé autrement.

Je prends une bouchée d'Apfelstrudel et je vous raconte tout.

Fin juin donc, un matin relativement tôt après une soirée/nuit d'adieu - pour les Alpes - je reçois un appel. Ma vitalité matinale légendaire ne m'a pas permis d'atteindre le mobile à temps, encore moins de décrocher. (Ce n'était peut-être pas plus mal...) J'attends donc la fin du message vocal et me rendors, bien sûr. Après un court cycle de sommeil, je me décide enfin à mettre un pied hors du canapé pour écouter le fameux message.

C'est un monsieur, prénommé Laurent. Il est directeur de l'école de Villingen (késako ?) et me confirme ma mutation pour la rentrée prochaine. Je peux le rappeler le lendemain pour discuter des détails et lui poser mes éventuelles questions.

"Pour réécouter ce message, tapez 1. Pour l'enregistrer, tap..."

Je tape 1.

Deuxième écoute. J'ai bien compris, j'ai eu mon détachement pour l'Allemagne. Je n'apprends rien de plus que la première fois mais au moins maintenant, je suis réveillée et ça s'est imprimé dans mon cerveau.

"Pour réécouter ce message, tapez 1. Pour l'enregistrer, tapez 2. Pour le supprimer, tapez 3."

Je veux taper 2 et je veille à ce que mon doigt atterrisse bien sur la touche 2, et pas 3 !

Je tape 2. Ouf !

"Votre message sera sauvegardé pendant 14 jours."

Re-ouf !

Bref, je passe sur ma réaction... comment dire... retenue (!) et m'excuse aujourd'hui auprès de mes amies Anne, Aurélie, son bidon et Tiphaine qui dormaient encore à mes côtés ce matin-là.

Depuis ce jour-là, je suis sur mon nuage... mais aussi dans un mic-mac administratif assez invraisemblable. Moi qui aime la paperasse par dessus tout, je suis servie.

Entre mon dossier professionnel qui était déjà en stand-by entre Tours et Annecy, entre le Ministère de l'Education Nationale et le Ministère de la Défense, c'est un peu comme si personne ne savait réellement qui j'étais, comme si mes trois années d'enseignement s'étaient évaporées dans la nature.

Je continue. Mon assurance reste la même, mais déménage à Strasbourg, ma mutuelle reste la même mais arrive au Mans... Ma voiture devait passer en plaques bleues pour être toujours assurée et moi, je devais obtenir ma carte de résidente étrangère en Allemagne. Et je ne reviens pas sur l'épisode de l'emménagement par ces abrutis de déménageurs bretons qui n'envoient qu'un seul employé pour se taper les six heures de route et toutes mes affaires - et par affaires, j'entends une grande table en verre et un lave-linge - à monter au quatrième étage sans ascenseur.


Ce n'est pas terminé. Nous arrivons fin octobre, je n'ai eu qu'une avance sur mon salaire de septembre (et encore, je l'ai eue), mes histoires de déménagement ne sont pas réglées, je réclame des papiers qui n'arrivent pas (depuis un mois quand même) et mon ancien propriétaire ne me paie pas la caution (les deux mois sont pourtant passés).

Toutefois, mon chéri a dû trouver que je m'en sortais plutôt pas mal parce qu'en ayant un accrochage avec ma voiture, il m'en a rajouté une couche.

Résumé comme cela, ça a l'air plutôt simple. Sauf que dans la vraie vie, ça ne l'est pas, ça ne l'est jamais ! Il faut passer des coups de fils interminables d'un pays à l'autre, en français, en allemand, envoyer des lettres, des e-mails, des fax, alors que, bien entendu, on n'a jamais la bonne adresse, ni le bon numéro... Enfin bref, l'administration quoi ; je n'invente rien.

Sur ce, je vous laisse avec des couleurs de l'automne capturées depuis mon salon et je pars me remettre de mes émotions. C'est à ça que servent les vacances, non ?


Terres du Son 2010


Déjà mes troisièmes Terres du Son et a fortiori mon troisième article concernant ce festival. Je dois avouer qu'avant de me lancer dans la rédaction de ce post, j'ai retourné mon cerveau dans tous les sens pour trouver une façon originale de relater ce week-end, en évitant les répétitions d'ici et . En vain.

Finalement, il m'est revenu à l'esprit un épisode de How I Met Your Mother (série américaine assez hilarante que je recommande à tous par ailleurs) dans lequel Marshall adolescent écrit une lettre à son futur-lui "Dear future me" et cela m'a inspirée...


Chère future moi,

Quand tu liras ces mots, tu seras certainement en train de "galérer" pour préparer ton sac avant ton quatrième week-end Terres du Son. Voici quelques petits conseils qui te seront peut-être utiles :

Si tu n'as pas changé de sac de couchage d'ici là, prends une couverture, un pull et une paire de chaussettes. Emporte également ta paire de bottes en caoutchouc top fashion achetée spécialement pour l'édition 2010 qui t'a été d'une grande utilité. Enfin, n'oublie pas le kit de survie mouchoirs en papier/lingettes/sacs poubelles.

Heuuu, dois-je ajouter ton billet d'entrée dans la liste ?!

Lorsque tu arriveras à Monts, rappelle-toi qu'au rond-point, ce n'est PAS A DROITE !!

Si le camping est aussi rempli qu'en 2010, EVITE par tous les moyens de planter ta tente à l'entrée. Rappelle-toi, quand tous les festivaliers sont enfin endormis à six heures du mat', les bénévoles, eux, restent éveillés... et toi aussi par la même occasion.

Sinon, concernant l'accès au site, tu maîtrises déjà : pas d'objets te permettant de blesser ni de tuer un festivalier, pas d'alcool (pour ça, tu fais le plein à l'extérieur), une petite collection de bouchons en plastiques dans les poches et ton appareil photo "compact" comme ils disent (même si tu t'es offert un Canon EOS de la mort cette année).

Avant de partir, investis dans un chapeau, une casquette ou autre truc à mettre sur ta tête en cas de grosse chaleur, ou assure-toi que Tiphaine a bien pris son écharpe pour te faire un turban.

Le bruit que tu entends plusieurs fois par jour et qui te fait si peur n'est pas le hurlement de 100 000 spectateurs en délire ni du tonnerre qui gronde, mais simplement un TGV qui passe. Et si jamais on annonce un avis de tempête pour la nuit, n'attends pas que tes amies soient endormies pour les supplier de remballer et de quitter les lieux en vitesse.

Enfin, pour la pérennité de ton ouïe, fais une réserve de bouchons dès le vendredi ; tes oreilles te diront merci.

A présent, dépêche-toi un peu, parce que quelque chose me dit que Fanny et Tiphaine sont certainement déjà en train de t'attendre...

Signé, ton ancienne toi.






Après ces quelques lignes purement égoïstes et dénuées d'intérêt, je vous propose un petit quizz tout à fait palpitant (!) pour me faire pardonner :

Question 1 : Qui est ce chanteur ? (Indice : j'avais parié qu'il annulerait son concert comme à son habitude)


Question 2 : Qui va faire son apparition sur scène avec de magnifiques roses rouges et des petits papillons blancs accrochés au micro ? (Indice : c'est unE chanteuSE :P)


Question 3 : Comment s'appelle ce jeu ? (Voici une formidable démonstration de Fanny pour vous mettre sur la voie)



Question 4 : Pourquoi ai-je pris cette photo ?


Toutes les réponses seront les bienvenues et je remercie à l'avance ceux qui feront marcher leur imagination.

Pour terminer sur une note sérieuse et pour parler un peu concerts (parce que c'était quand même l'objectif du festival), j'ai découvert que Tété ne savait pas parler autrement qu'en chantant, que Izia était aussi à l'aise perchée sur des talons de 10 cm que moi dans mes Birkenstock, que Ben l'Oncle Soul a vraiment de très chouettes bretelles, que la chanteuse de Morcheeba sait coudre (à en voir la robe qu'elle portait) et que l'humoriste Alexis HK garde la cravate en toutes circonstances. Sans exagération, nous avons assisté à des concerts de très grande qualité. Bravo les gens !

Je garde le mot de la fin pour mon coup de coeur : Courir Les Rues. Ce groupe aussi talentueux que sympathique vous communique sa bonne humeur dès les premières notes et met une sacrée ambiance. Je pense qu'on en reparlera ;)

Eloge pour un festivalier-campeur

Le festivalier-campeur (ou l'inverse) est né en France au début des années 1990 et a grandi entouré des siens... et de sa bande de potes ! Cette année, le festivalier-campeur a travaillé dur pour avoir son Bac, alors, quand arrivent les vacances, il est pressé de partir avec tous ses copains pour décompresser.

Le festivalier-campeur cherche alors l'endroit idéal : pas trop loin de chez papa-maman et abordable pour son porte-monnaie, et choisit le festival Les Courants, à Amboise.



La semaine qui précède le festival, il fait un tour chez Décat' et investit dans une Quechua 2 secondes ; tente qu'il n'aura aucun mal à défaire mais qu'il ne saura jamais remettre dans sa housse d'origine. -> Oui, le festivalier-campeur a peut-être son Bac, mais il n'est pas très doué avec les choses importantes de la vie.

Le festivalier-campeur n'est pas stressé : il arrive tard au festival, monte sa tente n'importe où - le plus prêt possible de celle des autres tant qu'à faire - et ne prend pas la peine de mettre les sardines - il est trop occupé à boire avec ses copains.

Comme il ne tient pas l'alcool, il arrive aux concerts déjà bien éméché, et tel un petit Poucet des temps modernes, il a pris soin d'uriner sur le trajet camping/festival pour être certain de retrouver sa tente à la fin de la soirée.

Pendant les concerts, il adopte différentes attitudes plus improbables les unes que les autres, et finit toujours par se débarrasser des choses futiles comme ses chaussures, son t-shirt, parfois son pantalon, puis son haleine fraîche et enfin sa dignité.

- Sanseverino -

Lorsque son groupe fétiche débarque sur scène, il commence à se mouvoir de manière incertaine. D'ailleurs, s'il tient encore debout, c'est uniquement grâce à ses petits camarades-danseurs-de-pogo qui lui donnent des coups pour le redresser. Arrive ensuite le moment (im)précis où il s'approche d'une jeune fille ; il aimerait bien lui glisser quelques mots doux dans le creux de l'oreille, mais pendant un concert des Wampas, les "mots doux dans le creux de l'oreille" se transforment en bafouilles hurlantes et postillonnantes sur la joue. La jeune fille s'essuie, lui sourit, puis lui fait signe gentiment de s'éloigner parce qu'elle n'est pas intéressée. Pas grave, le festivalier-campeur se dit que si ça n'a pas marché avec elle, ça marchera peut-être avec une autre. Il fera donc une seconde tentative plus tard dans la soirée... avec la même fille qu'il n'aura pas reconnu ! -> Quand le festivalier-campeur est bourré, il n'est pas très physionomiste. Par contre, la fille...

Pour montrer sa supériorité et son héroïsme, le festivalier-campeur n'hésite pas à braver les éléments et escalade la barrière, monte sur la scène, slame sur les gens qui le trouvent un peu trop collant (dans tous les sens du terme) et finissent par le lâcher. Lui s'écroule lamentablement -> Sauf qu'un festivalier-campeur est infatigable et ce ne sont pas quelques piétinements ou dents en moins qui vont l'arrêter ! -> Quand le festivalier-campeur veut faire la fête, il devient indestructible !

A la fin des concerts, il revient au camping. Et là, le Didier Wampas de la nuit, c'est lui ! Le vrai se tape la tête avec son micro et vogue sur le public en folie, le faux utilise sa lampe électrique et se jette sur les tentes des campeurs en furie. En revanche, tout comme son idole, il est généreux avec l'assistance et fait profiter TOUT LE MONDE de ses talents (bien cachés) de chanteur, de musicien, de danseur, de jongleur, d'acrobate, de cascadeur, de sportif de haut-niveau, de philosophe, de diplomate, d'homme de lettres et d'homme de ménage. Et vous seriez surpris de constater sa force imaginative en matière de conneries -> C'est le problème du festivalier-campeur déchiré, il n'a pas de limites.

- Lieu de vie du festivalier -

Avec les années, mes amies et moi avons appris, souvent à nos dépens, comment fonctionnait cette espèce d'énergumène - parce qu'il s'agit bien d'une catégorie d'êtres (malheureusement un peu trop nombreux) ayant un caractère commun distinctif. Même s'il est un peu prématuré de dire que nous maîtrisons parfaitement la situation face à ce genre d'individu, nous savons désormais comment remédier à quelques petits désagréments. En voici un exemple :

- Le Piège -

Et si, comme nous, vous êtes amenés à faire quelques festivals cet été et rencontrer ces agités, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous communiquer quelques ruses simples et dissuasives :)

Week-end en mai


Aujourd'hui, dans les chroniques de Tata Caroline, des conseils pour sortir vos amies parisiennes qui vous rendent visite un week-end de mai.

Avant toute chose, il faut considérer l'objet en question : l'amie parisienne est, comme son nom l'indique, citadine. Et même si elle kiffe la life dans la capitale, sa part d'ombre révèle un véritable manque de verdure et d'oxygène. Si, en plus, la bonne copine n'a pas grandi dans un immeuble Hausmann avec une blouse Chanel et un cartable Hermès pour aller à l'école et qu'elle n'a pas goûté aux plaisirs du mot "vacances" depuis plusieurs mois, son mal de nature se trouve accentué de manière exponentielle.


Manque de bol, vous vivez en appartement sans terrasse ni balcon, qui donne sur une rue davantage traversée par les sirènes hurlantes des véhicules prioritaires que par des tandems en balade. C'est pas gagné pour le week-end reposant de la copine...

- Il ne faut pas pousser mémé dans les orties -

Quoi qu'il en soit, sachez qu'elle est déjà dépaysée, rien qu'avec une vieille baraque en tuffeau et un arbre planté au milieu d'un petit jardin. En fait non, arrivée à la gare de Saint-Pierre-dès-Corps, elle trouve déjà que c'est la campagne, elle !


Mais bon, vous aimez votre amie au lieu de vie si différent du vôtre et vous n'avez pas envie qu'elle meurt d'ennui dans votre écosystème. Alors vous lui proposez de sortir.


Si vous vous appelez Caroline, la première idée qui vous vient à l'esprit est un pique-nique. Rien de tel pour éviter une comparaison avec les restaurants étoilés ou les bars branchés de Paris. Un petit dîner au milieu de nulle-part plonge tout être venu d'ailleurs dans le bucolique ; et l'avantage par chez-nous, c'est que n'importe quel coin fait très bien l'affaire.


Pas de chance, l'amie en question est stressée par les petites bêtes, et surtout celles qu'on appelle "moustiques". Vous rentrez donc, lui donnez un tube d'Apaisyl et espérez que la prochaine tentative sera la bonne.

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Le lendemain, après une nuit d'intenses réflexions, vous lui proposez de visiter un château - c'est monnaie courante ici ! Les vieilles pierres et l'histoire, c'est une bonne idée pour un touriste lambda, mais si votre amie s'appelle Marie-Anne, elle en a vu plus que vous dans la région.
- Château de Chaumont sur Loire (41) -

Alors vous revenez à votre seconde idée : un festival. Celui auquel vous avez assisté le week-end dernier était particulièrement insolite, voilà qui plaira à la demoiselle. En plus, des festivals à cette période, il y en a tous les week-ends et pour tous les goûts.


C'est ainsi que nous nous sommes retrouvées au Festival des Jardins que vous avez déjà vu ici mais qui change de thème chaque année. Celui de 2010 est "Jardins corps et âmes" ; on ne pouvait pas tomber mieux. Enfin si, on aurait pu avoir moins chaud, moins de gens partout et surtout moins de gamins qui braillent mais c'est là qu'intervient mon dernier conseil : prévoyez un trajet retour dans la voiture aux trois C (Confort, Climatisation, Conduite en douceur) et votre amie oubliera ces petits désagréments et vous remerciera pour ce sympathique week-end.

ExCENTRique

"Se dit de quelque chose qui est en opposition avec les usages reçus ; bizarre, extravagant."


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Ca y est, il fait beau, il fait chaud, on sort et on rencontre un clown funambule qui finit toujours par couper le fil de fer sur lequel il est en train de marcher, on suit des danseurs qui portent des sacs à main sur la tête et qui jonglent avec des tuiles, on dîne dans des cubes assis sur des bottes de paille et on passe la soirée scotchés à un échafaudage qui s'anime d'effets sonores et visuels.

Ce festival porte finalement bien son nom...

- Il y a une tuile... -

- Jardin des utopies -


- Beaulieu-lès-Loches -

1, 2, 3...