Sport d'hiver au printemps

A l'heure où tout le monde ne rêve que de soleil et de vacances dans les pays chauds, moi, possédée que je suis, j'ai repris la route des Alpes, et en priant pour avoir un maximum de neige qui plus est !


Je suis donc partie, accompagnée de quatre victimes, pour Avoriaz... un dimanche ! Plutôt habituée aux départs matinaux voire nocturnes le samedi pour éviter en vain, les embouteillages de la mi-journée en région Rhône-Alpes, j'avoue avoir été un peu déboussolée par le calme et la tranquillité de ce trajet. Car, quand on voyage un dimanche, le temps qui n'est pas perdu aux péages, on peut par exemple le passer à faire des tours de ronds-points supplémentaires à Mâcon, à donner du pain aux canards sur l'aire de la Bresse ou à observer les cerfs-volants tout le long du trajet. Et c'est plutôt reposant...


Arrivés à destination (sans vomir dans les lacets), nous garons la voiture à l'entrée de la ville et prenons un traîneau jusqu'à notre résidence - enfin, JE prends le traîneau avec les bagages, les autres ont dû marcher... De toute évidence, présenté comme ça, l'endroit peut paraître tout à fait pittoresque et non dénué de charme. Il n'en est point. Avoriaz est tout, sauf une belle station ! Même la neige blanc immaculé, qui a pourtant l'avantage de vous transformer le plus hideux des paysages en panorama épuré, ne parvient pas à améliorer cette architecture si... spéciale. Bref, un beau gâchis :


- Notre douche, ou le voyage spatio-temporel dans les 1970s -

Ce qui ne gâche rien en revanche, ce sont les pistes. Et là, je reconnais qu'Avoriaz est le paradis du surfer, avec ses boardercross et ses snowparks - enfin, le snowboarder qui sait sauter... et retomber sur sa planche, sinon ça devient le paradis des producteurs d'arnica. Pour les touristes sans prétention qui laissent les bosses aux plus téméraires, il reste un domaine skiable plutôt correct qui vous ouvre les Portes du Soleil et vous permet d'améliorer grandement votre technique du "tout schuss" si vous ne voulez pas avoir à déchausser tous les cents mètres (ndlr : Sérieux, les mecs, faut revoir les couleurs de vos pistes !)

- Les Dents Blanches -


Du coup, afin de pimenter un peu ces vacances, on se lance quelques défis : pique-niquer bruyamment prêt des camionneurs endormis sur une aire de repos, draguer Nico-de-la-réception lorsqu'on revient d'une journée de glisse rouge, en sueur, avec le nez qui coule, ramasser le bâton de ski qu'un gamin vient de laisser tomber alors qu'on est bloqué dans le télésiège, draguer Nico-de-la-réception lorsqu'on revient d'une journée de glisse avec un trou bien situé et bien visible dans le pantalon de snow, utiliser son snowboard comme une luge pour descendre une piste, ou encore sauter à pieds joints dans une paire de Moon Boots. Et à ce petit jeu-là, Tiphaine est une championne :


Voilà, je suis revenue bronzée (mais pas trop), regonflée à bloc et prête à affronter mes futurs sixièmes pendant onze semaines consécutives avec une inspection en cadeau-bonus ^^'
Pfff, vivement juillet, tiens !

En rouge ou noir

Hier soir, j'ai franchi un nouveau cap dans ma relation avec Christoph :

Je l'ai accompagné dans un pub pour regarder un match de football.

Pourtant, je ne suis pas de ces femmes qui apprécient le foot ; le rugby, le tennis de table, le lancer de poids ou le curling oui, mais le foot, j'ignore pourquoi, c'est une autre histoire. A croire que j'aime relever les challenges - parce que oui, accompagner des amateurs de foot bavarois dans un pub pour encourager l'équipe du Bayern München en quart de finale de l'UEFA Champions League, c'est un défi à relever.

Pour commencer, on me propose de porter le fameux maillot rouge, certainement au cas où j'oublierais en cours de route quelle équipe je suis venue supporter. Ensuite, avant de quitter la maison, on me demande si j'ai l'intention de boire ce soir... parce que celui/celle qui ne boit pas, c'est celui/celle qui conduit bien sur :)

Nous arrivons au pub où nous attendent nos places réservées - pas de prise de risque lorsqu'il s'agit d'un match de foot - et d'autres amis qui n'ont manifestement pas de chauffeur pour la soirée, eux, compte-tenu du nombre de verres déjà vides. A 20h15, les commentateurs sportifs prennent l'antenne ; oui, oui, une demi-heure avant le coup d'envoi. Pendant ces trentes minutes, sont diffusées des vidéos : Ribéry après le match aller, Ribéry à l'entrainement, Ribéry à l'aéroport. Je prends alors conscience du role du joueur francais dans cette équipe et commence à prier pour qu'il ne soit pas ridicule ce soir. Déjà que "Fußball" ne rime pas vraiment avec "Frankreich" en Allemagne, ce serait sympa que Franky ne me fasse pas sentir plus seule que je ne le suis déjà.

20h45, début du match. 20h48, premier but. Sauf qu'avec mon t-shirt rouge flamboyant, j'avais juste zappé un détail : l'équipe du Bayern, à l'extérieur, elle joue en noir. Et les jolis maillots rouges que je voyais à l'écran en train de sauter de joie et que je m'appretais à applaudir et à acclamer comme une vraie bavaroise d'adoption, étaient des joueurs de Manchester United. HEUREUSEMENT que ces derniers temps, mes réflexes sont un peu limités car c'est ce qui m'a sauvée hier soir.

A partir de ce moment-là et jusqu'au but suivant, je me suis répétée sans cesse "Le Bayern joue en noir. Le Bayern joue en noir. Bayern noir. Noir Bayern. Noir. Noir. Noir..." Si bien qu'à la septième minute de jeu, lorsque Manchester a de nouveau marqué, je n'ai meme pas eu un soupcon d'hésitation, j'ai tiré la tronche direct, tout comme mes voisins.

Par contre, autant je commencais à prendre de l'assurance au niveau des couleurs des maillots, autant je me faisais toute petite en observant le jeu du frenchie. Et les choses ne se sont pas arrangées avec le troisième but de Manchester. Le stress était à son comble, les bières s'accumulaient sur la table et de doux noms d'oiseaux que j'aurais préféré ne pas comprendre arrivaient de plus en plus à mes oreilles.

Lorsqu'enfin, un joueur en noir a eu la bonne idée d'en planter un dans les cages anglaises, j'ai pris mon jus de fruits - ce n'était pas de la bière, mais pas franchement envie qu'il termine sur mon pantalon pour autant - et j'ai attendu que la tempete se calme.

Score final 3-2 pour Manchester mais une qualification pour le Bayern qui affrontera en demi-finale... Lyon !! Et ce soir-là, je sais d'ores et déjà que je serai célibataire, sauf si Lyon perd. Vive le foot :)

Sinon, pour celles ou ceux qui se poseraient la question, la soirée fut tout à fait supportable voire plutot agréable mais présentée comme ca, elle aurait eu beaucoup moins d'intérets. Il me vient d'ailleurs "dix bonnes raisons de regarder un Lyon/Bayern" que je vous communiquerai en temps voulu ;)

Besoin de vacances


J'ignore pourquoi, mais mes trajets pour aller ou revenir d'Allemagne se passent rarement sans imprévus : une fois par exemple, j'ai raté le premier train et par conséquent toutes les correspondances qui suivaient. Une autre fois, je me suis endormie dans le train et ai bien failli me réveiller trop tard. Il y a quelques mois, j'ai flippé tout le trajet en me demandant l'heure qu'il était et en réfléchissant à toutes les conséquences possibles s'il n'était pas l'heure que je croyais qu'il était. La dernière fois, je suis revenue d'Allemagne en passant par quatre pays et en prenant le bateau - avouez que c'est quand meme peu banal - et je ne parle pas de cette fameuse expédition il y a deux ans, lorsque j'étais arrivée à Kempten en Suisse et non Kempten en Allemagne...

Je crois qu'aujourd'hui, je peux écrire un nouveau chapitre de mon odyssée franco-allemande...

Le programme était simple : quitter l'école à 16h30, se rendre à Tours en voiture pour prendre le TGV de 18h29 jusqu'à Paris, rejoindre la gare routière internationale en métro, prendre le car à 22h pour une arrivée prévue à Ulm à 8h30 puis monter dans le train de 8h59 qui m'emmènerait enfin jusqu'à Kempten pour 10h.

Pas d'inquiétude en vue, depuis le temps, je commence à etre rodée. Sauf qu'en cette fin de deuxième trimestre, entre les voeux pour le mouvement, les évaluations, les livrets scolaires, la future - ou pas - inspection et tout le reste, mon cerveau est en surchage cognitive et je l'ai réalisé à mes dépens...

Ca a commencé à l'école, en rangeant mes affaires, je trouve mon iPod dans mon sac... sans casque, ni écouteurs - beaucoup moins pratique pour écouter de la musique ! Qu'à cela ne tienne, je rencontre mon frère à Tours qui me dépanne de son Sennheiser (finalement, j'ai gagné au change :P) et à qui j'oublie de confier mes clés de voiture.

A la gare de Tours, au moment du fatidique compostage, je sors tous mes billets : SNCF, Deutsche Bahn... mais pas de billet Eurolines ! Pas de panique, ma Parisienne préférée est encore au bureau, elle me l'imprime et me l'apporte en chair et en os à Gallieni.

Le car Eurolines est plein à craquer dès le départ, ce qui contraint le chauffeur à mettre la clim', ce qui signifie que je vais avoir froid... Tiens d'ailleurs, où est mon écharpe ? Restée dans le TGV. Ca continue...

A Strasbourg, en pleine nuit, d'autres personnes montent dans le car, sauf qu'aucun des voyageurs déjà présents n'a prévu de descendre. Je me suis rendormie avant que le chauffeur, visiblement paumé, trouve une solution.

Vers 5h30, nous nous arretons dans un endroit franchement glauque et loin de toute vie humaine. Apres avoir imaginé le pire comme "Il va nous faire changer de car", notre chauffeur, qui a perdu la raison cela ne fait plus aucun doute, commence à nettoyer son car. Les gros rouleaux, le lave-glace pour le pare-brise gigantesque, tout y passe. Je me suis meme demandée s'il n'allait pas nous faire le coup de l'aspirateur à l'intérieur.

A Stuttgart, le GPS et la carte routière ne lui ont pas suffit pour nous conduire à la gare centrale. Monsieur-Je-Les-Accumule a largué les voyageurs au milieu de nulle-part. Il était 8h et je ne dormais plus. Je pensais à mon train qui partait une heure plus tard et que je n'aurais jamais.

Sur ce point au moins, j'avais l'esprit clairvoyant. J'ai raté mon train à 4 minutes pret et suis arrivée à Kempten une heure plus tard que prévu, mais finalement, je crois que je ne m'en sors pas si mal.

Que va-t-il se passer au prochain épisode ? Les paris sont ouverts...



PS : Merci encore Marie-Anne.


1, 2, 3...