Karneval


En février, le carnaval bat son plein en Allemagne. Et même s'il y fait 25 degrés de moins qu'à Rio et 50 centimètres de neige de plus qu'à Venise, nos voisins Germains savent user de subterfuges pour réchauffer l'atmosphère et mettre de l'ambiance.

N'ayant pas grandi dans une région très "carnavalesque", je ne suis pas particulièrement adepte de cette fête et n'éprouve pas le besoin ni l'envie d'y participer. Sauf que cette année se déroulait la Sulzberger Faschingsmusikfest - traduction : fête musicale et costumée du village d'à côté - qui n'a lieu qu'une fois tous les dix ans.

Sachez que je ne recule devant rien lorsqu'il s'agit de découvrir la culture de Christoph. D'ailleurs, lui seul pouvait me convaincre de porter un pantacourt en velours kaki taille XXL, une paire de bretelles usagée, une chemise à carreaux, un chapeau peu conventionnel et un accessoire unique qui m'a bien "démangée".



Comme tout le monde n'a pas la chance d'avoir cinq couches de vêtements et une paire de grosses chaussettes en laine pour ne pas devenir congelé pendant le défilé, chaque char propose son petit "cocktail" en plus des fioles de schnaps lancées au public. Ils pensent vraiment à tout ces allemands !



N'empêche qu'avec mon déguisement ultra sexy et mon partenaire non moins ridicule, nous avons réussi à rentrer en auto-stop. Comme quoi un brin de folie peut parfois rendre bien des services...

Aller simple

Vendredi, 16h30 pétantes, je lache mes élèves surexcités, esquive leurs parents qui choisissent systématiquement le jour des vacances pour parler de leur progéniture et fonce vers Tours avec mon bolide à quatre roues, lequel je confie à mon frère avant de sauter dans le TGV pour Paris.

Mes vacances commencent enfin. Je peux me détendre et penser aux deux semaines de reve qui m'attendent... Enfin, le répit est de courte durée car je réalise ensuite que mon iPod 160 GB avec autant de musiques, vidéos et photos a décidé de faire "reset" en parfaite autonomie et incognito. S'installent alors des secondes d'intense solitude auxquelles se melent interrogations et hypothèses les plus improbables ; Qu'a-t-il bien pu lui passer par le disque dur ? Comment vais-je survivre toute une nuit de voyage sans une note de musique ? Quelle était la proportion de fichiers téléchargés...? Mais la question qui me taraude à ce moment précis concerne davantage la cinquantaine d'ados survoltés montés à Saint-Pierre-des-Corps, qu'il va falloir supporter, j'ignore comment, pendant une heure et sans échappatoire possible.

Bref, j'arrive dans la capitale, je parcours quelques 5 000 pas dans les couloirs du métro - note pour plus tard : plus jamais de sac de voyage sans roulettes - et retrouve ma copine Marie-Anne à Gallieni pour une heure de bavardages intensifs. Evidemment, inutile de préciser que j'ai failli rater le départ du bus.

22 heures, trop de bonheur, le bus quitte la gare routière internationale et je n'ai personne à mes cotés. Je prends mes aises et commence à roupiller sur MES deux places... jusqu'à Strasbourg, où un sympathique garcon a du trouver que je dormais un peu trop bien et a voulu vérifier lui-meme le confort d'un de mes sièges ; à croire que le destin a décidé de m'envoyer des beaux gosses qu'à des heures où l'expression "ne pas etre à son avantage" me caractérise plutot bien. Ajouté à ca mes ronflements et mon oreiller imprimé de "tetes de mort" - merci Christoph - il a préféré fuire dès l'arret suivant :P


A mon arrivée tot dans la matinée, m'attendaient les paysages enneigés, mon comité d'accueil, des "Bienvenue" en francais, un super petit déjeuner, des cadeaux d'anniversaire... et surtout trois heures de sieste. Parce que Eurolines c'est pratique, Eurolines c'est pas cher, mais Eurolines ca fatigue meme les plus hypersomniaques.

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