Dachau


- Puisse l'exemple de ceux qui furent exterminés ici de 1933 à 1945 dans la lutte contre le nazisme faire que les vivants s'unissent pour défendre la paix, la liberté et le respect de la personne humaine -

Quand vous arrivez aux portes du camp de concentration, vous vous sentez vraiment tout petit face à ce monument et la grille d'entrée en fer forgé donne le ton aux étrangers avec l'inscription suivante : ARBEIT MACHT FREI*. Pour la suite, soit vous vivez entre 1933 et 1945 et vous allez connaitre l'enfer, soit vous vivez en 2009 et vous ne pouvez que constater les atrocités perpétrées en ce lieu durant douze ans.




Cela faisait quelques mois que je voulais me rendre à Dachau, mais quand on sait un peu ce que nous réserve cette visite du point de vue culturel et émotionnel, l'envie demande presque un effort. Hier, j'étais prete et suis partie de bon matin, accompagnée de mon guide allemand préféré - ce qui n'est pas une situation anodine non plus pour visiter un tel site...

Dachau, en quelques mots, ca donne ca : En mars 1933, quelques semaines après l'accession d'Adolf Hitler à la Chancellerie du Reich, un camp de concentration pour prisonniers politiques est ouvert dans la banlieue de Munich. Ce camp devient un modèle pour tous les autres camps à venir et sert d' "école de la violence" aux hommes de la SS. En douze années d'existence, environ 200 000 personnes de l'Europe entière y sont emprisonnées et plus de 43 000 y meurent. Le camp est libéré par les troupes américaines le 29 avril 1945.

- Les baraques des prisonniers -

- Le crématorium -

- Entrée de la chambre à gaz -

La visite du camp est tellement riche que nous sommes restés jusqu'à l'heure de fermeture, sans jamais trouver le temps long. Si un jour vous avez la chance de passer par la Bavière, laissez un peu la bière de coté et allez faire un tour dans le passé de Dachau...



*Le travail rend libre. Cette phrase est en réalité ironique car le travail à Dachau signifiait davantage la mort pour les captifs. Parmi les milliers de personnes qui ont franchi la porte de ce camp, aucune d'entre elles ne savait si elle allait vivre encore des années, des heures ou bien quelques minutes.

Heureux-lines

Depuis vendredi, je suis officiellement en vacances (je dis officiellement car elles ont été légèrement anticipées à cause d'une énième sinusite). Qui dit vacances, dit pour moi destination Bavière. Sauf que cette fois, j'ai voulu tenter l'expérience "trajet en bus" - quoiqu'avec des tarifs qui varient du simple au double avec le train, c'est surtout mon portefeuille qui a fait ce choix !

L'avantage du bus, c'est que le trajet se fait de nuit et est direct ; donc possibilité de dormir de Paris jusqu'à Ulm. Mais l'inconvénient du bus, c'est une toute petite place pour caser ses grandes jambes :P, un groupe d'adolescentes allemandes déchainées, une climatisation branchée au max et un chauffeur qui fait sa pose toute les deux heures : pas facile de dormir avec tout ca, meme pour la championne des marmottes que je suis.

A 5h45, j'entame enfin mon deuxième cycle de sommeil quand le chauffeur monolingue allemand arrete le bus et baraguine quelque chose. Etant censée arriver à 8h30, je me retourne et le laisse s'énerver tout seul. Je remercie alors ma conscience qui, malgré l'heure tardive/matinale, m'a poussée à comprendre ce qu'il se passait : les voyageurs pour Ulm étaient en effet priés de descendre et d'attendre un autre bus sous la pluie parce qu'on leur préférait des personnes pour München.

Ca promet pour le trajet-retour ; rien que pour ca, je n'ai pas franchement envie de rentrer...

Jackpot

Après la semaine en SEGPA, je pensais que je ne pourrais pas avoir pire remplacement : je m'étais bien plantée. Jeudi matin, on m'a appelée pour aller à Saint-Pierre-des-Corps... en CM2 !

Pour ceux qui ne connaissent pas cet endroit, pourtant lieu touristique incontournable de la région, il s'agit de la banlieue de Tours (donc à 45 bornes de chez moi), composée exclusivement de cités HLM ou de vieilles petites maisons horribles. Quant aux établissements scolaires, ils sont classés Zone d'Education Prioritaire.

Je suis donc arrivée dans la classe à 9h50 pour une récréation à 10h. En dix minutes, j'ai eu le temps de faire l'appel, et rien d'autre... Ca en disait long sur la journée qui m'attendait. Histoire de simplifier les choses, l'enseignante absente n'avait rien laissé et j'étais de service à la récréation, donc pas le temps de préparer quoi que ce soit.

Retour en classe, j'essaie d'improviser quelques trucs en conjugaison dans la consternation la plus totale : un niveau sonore ahurissant, des élèves qui ne connaissent pas le "vous" de politesse, des petits caïds qui se menacent, des insultes qui fusent, des bastons prêtes à éclater, ... en bref, un boulot d'enseignant très difficile voire impossible à exercer. Finalement, la seule différence avec le secondaire, c'est qu'au collège, les élèves se liguent contre le prof alors que là, ils acceptent encore la parole de l'adulte (quand ils peuvent l'entendre).

11h30, on croit être tranquille mais non : c'est l'heure de l'aide personnalisée avec Doulsaf, Linda et Mehdi.

Pendant la pause déjeuner, je prends le cahier d'appel et tente de retenir les prénoms de ces petits anges, dans l'optique de les interpeller plus facilement. 13h30, Abdel-Majid, Charfadine et Kadiatou me sont enfin rentrés dans la tête, l'après-midi peut commencer...

Je retiens le collègue qui m'a conseillé de leur passer une cassette. Les extraits portaient sur la puberté et la reproduction - thème qui fait déjà fureur avec des élèves non-ZEP - imaginez un peu les commentaires de mes CM2 en entendant "pénis" ou "spermatozoïde".

Bref, j'ai compté les minutes qui me séparaient de la délivrance, moment où je lâcherais ces fauves et où je quitterais cette jungle. Sauf qu'à 16h30, une collègue m'a porté le coup de grâce en me rappelant qu'à 17h "il y a étude pendant une heure". N'ayant pas été mise au courant plus tôt, j'ai quand même pu me sauver sans faire cette heure supplémentaire non-rémunérée.

L'avantage d'être ZIL, c'est que cet enfer n'a duré qu'une seule journée. Je pense maintenant aux enseignants de ZEP qui vivent ça quatre jours par semaine de septembre à juin : des héros des temps modernes en somme.

En toute discrétion

Quand Caro passe une semaine chargée en stress, ça donne un vendredi soir sous le signe de la décompression. Pour l'occasion, j'avais réuni mes ami(e)s qui m'ont bien entraînée dans leurs délires. Je passerai certains détails mais nous avons entre autres fait quelques petites figures acrobatiques, nagé sans piscine, joué au volley sans ballon et sauté à l'élastique sans élastique. Les vidéos qui en ressortent sont collector mais je préfère les garder pour faire chanter mes amies dans quelques temps :)

- 1,5 pont -

- Mon fauteuil customisé par mes invités -

- Réveil (plus que) difficile -

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